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Lettre d'information Agricole du 19 mars 2018

Publié le 19 mars 2018

Les signes de qualité et d'origine doivent « continuer à se démarquer » 

Selon un rapport émis par le CCAAER, chargé d'établir un bilan du contrat d'objectifs et de performance 2014-2017 de l'Inao en vue de son renouvellement pour trois ans :« L'Inao et les Siqo (signes officiels de qualité et d'origine, ndlr) se trouvent confrontés à plusieurs défis stratégiques. Les Siqo doivent continuer à se démarquer des produits standard, le double système de contrôle fondé sur des cahiers des charges rigoureux doit être certifié et leur protection juridique doit être l'objet d'une attention constante et renforcée ». Le rapport pointe que « de nombreux objectifs n'ont été que très partiellement atteints ». Estimant que le prochain contrat d'objectifs et de performance devrait passer à une durée de cinq ans et se centrer sur un nombre limité d'objectifs, le rapport souligne l'importance de renforcer la différenciation des Siqo, par une prise en compte accrue des problématiques en matière de territoire, de bien-être animal et d'agroécologie.

Lait : les acteurs de la filière ne redoutent pas la crise 

Les inquiétudes exprimées par FranceAgri-Mer concernant une trop forte dynamique d'augmentation de la production de lait bio semblent infondées. Tout au plus, une phase d'ajustement technique sera nécessaire pour absorber l'afflux de lait au printemps. Pas de quoi remettre en cause le prix payé aux producteurs, selon Éric Guihery, de la commission lait de la Fnab : « Les principaux transformateurs et acheteurs de lait bio ont annoncé un prix 2018 entre 0 et 10 euros de plus. Ils ont anticipé l'arrivée de ces volumes qui doivent permettre de répondre à une demande des consommateurs en attente de produits bio. » Biolait évoque une hausse de ses volumes de 40% en 2018. Là encore, anticipée pour l'essentiel via des contrats à long terme : « Digérer la hausse générera peut-être un peu de déclassements à court terme et un risque de tassement du prix cette année, indique Ludovic Billard, vice-président. Mais la croissance de la consommation est constante et suffisante pour absorber ces volumes sur un marché qui aujourd'hui manque de lait. » Seule menace : le retournement des débouchés grand export sur lesquels des coopératives comme Sodiaal ont axé leur développement.

Lait : rebond de la collecte en janvier

La collecte laitière française a bondi de 3,9% en janvier 2018 par rapport à l'an dernier. Ce dynamisme se poursuit depuis septembre 2017. « En janvier 2018, la collecte de lait de vache reste dynamique dans la plupart des bassins laitiers, hormis dans le bassin Sud-Ouest où elle se tasse de 0,5% par rapport à janvier 2017 », observe le ministère de l'Agriculture. Dans le Grand Ouest, les livraisons progressent de 3,3% sur un an et de 3,7% dans les bassins Normandie et Nord Picardie. Elles s'envolent de 7% dans le Grand Est et de 7,3% en Auvergne Limousin. La collecte augmente de 4,8% dans le bassin Sud-Est et de 4,2% dans le bassin Centre. La part de la collecte de lait de vache bio progresse en janvier 2018 : elle représente 3,1% de la collecte totale.

La collecte laitière européenne devrait encore progresser 

« La collecte progresserait dans presque tous les pays membres », affirme l'Institut de l'élevage (Idele), dans une étude parue le 12 mars 2018. La production européenne pourrait ainsi progresser de 2% en 2018, par rapport à 2017, « avec une croissance toujours forte en Irlande (+ 8%) et en Pologne (+ 5%), modérée dans la plupart des états membres (entre + 2 et + 3%), plus modeste en France et dans les pays baltes (+ 1 à + 1,5%), et nulle aux Pays-Bas ».

La chute du cours du porc se poursuit en janvier 2018 

Selon une publication d'Agreste Conjoncture, en janvier, les abattages de porcs sont en hausse de 2,5% en têtes, en glissement annuel. Les volumes restent cependant inférieurs de 1,3% à la moyenne quinquennale. En 2017, la production porcine a diminué de 1,5% par rapport à 2016, cette baisse est liée à la diminution des abattages et des exportations d'animaux vivants. Les volumes écoulés vers la Chine se sont réduits de 42%, tandis que les ventes vers l'Italie se sont intensifiées. La chute du cours du porc charcutier, amorcée pendant l'été 2017, s'est poursuivie en janvier 2018. L'ensemble des prix européens atteignent des seuils planchers. En France, le cours moyen entrée abattoir est à 1,30 euro par kilogramme en moyenne mensuelle.

Volailles : production stable en 2018 

Après avoir baissé de 1% l'an dernier sous l'effet des épisodes d'influenza aviaire, la production française de volailles ne devrait progresser que très légèrement en 2018 : +0,3% à 1,82 million de tonnes équivalent carcasse (données FranceAgriMer). En 2018, sauf nouveaux incidents sanitaires, la production de canards gras devrait repartir à la hausse, sans toutefois retrouver les niveaux de 2015. La production de poulets devrait quant à elle croître modérément.

Poules de réforme : marché prudent 

Selon Agreste, 32,3 millions de poules de réforme ont été abattues l'année dernière, soit 4,5% de moins qu'en 2016 et 10,7% de moins qu'en 2015. Cette baisse peut s'expliquer en partie par un flux d'exportation de plus en plus développé, notamment vers l'Allemagne, la Belgique et aussi l'Italie. Selon les abattoirs qui travaillent avec le Bénin, le marché s'est compliqué en 2017 et les prix de la viande de poule devraient encore reculer en mars, faute de pouvoir d'achat de la population locale et d'une concurrence exacerbée. D'autres destinations sont plus rémunératrices, mais les volumes concernés sont limités. Le marché des découpes pour l'industrie était plus correct cet hiver. Cependant, les ventes en frais semblent avoir déçu quelques opérateurs, faute de consommation.

MSA : Un nouveau Tesa pour simplifier l'emploi agricole 

À compter du 1er avril 2018, grâce au nouveau Tesa (Titre emploi simplifié agricole), les employeurs agricoles pourront déclarer les embauches et réaliser leurs fiches de paie. De nombreuses formalités seront ainsi accessibles aux employeurs : gestion des taux de cotisations, déclaration préalable à l'embauche, émission des bulletins de salaire... Permettant de gérer jusqu'à 20 contrats en CDI ou en CDD, le Tesa sera utilisable conjointement à la DSN pour les salariés qui ne sont pas en contrat court. A partir du 1er janvier 2019, le dispositif intégrera également le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu. Pour pouvoir bénéficier de ces fonctionnalités, l'entreprise doit impérativement adhérer avant le 15 du premier mois du trimestre au cours duquel elle souhaite réaliser son embauche. Un accompagnement global (site internet didactiques et sessions d'information locales) est enfin prévu par la MSA pour faciliter la prise en main du nouveau Tesa.