actualités

Lettre d'information Agricole du 23 août 2021

Publié le 26 août 2021

L'agriculture biologique, un marché de 13,2 milliards

D'après des chiffres fournis par l'Agence Bio, le marché bio français a continué sa croissance pour atteindre un chiffre d'affaires de 13,2 milliards d'euros. Malgré la crise, le bio a attiré 15 % de nouveaux consommateurs et 80 % des Français interrogés envisagent de maintenir leur consommation de produits bio dans le futur. Du côté de la production, l'agriculture biologique comptait 53.000 producteurs (en cours de conversion ou convertis) en 2020, contre 47.000 en 2019. Les producteurs bio représentent 12 % des agriculteurs français, une part qui a triplé en l'espace de dix ans. Dans le détail, les surfaces en grandes cultures bio ont été multipliées par 2,2 en l'espace de cinq ans. Pour 2020, ce sont 95.000 nouveaux hectares qui sont entrés en première année de conversion. Le bio recouvre ainsi 9,5 % de la SAU française. En juillet, les ministres européens de l'Agriculture ont donné leur feu vert à un « plan d'action » visant à consacrer au moins 25 % des terres agricoles de l'Union européenne à l'agriculture biologique d'ici à 2030, contre 8,5 % actuellement.

Le Parlement adopte la loi Climat, une centaine de décrets en vue

Le 20 juillet, le Sénat et l'Assemblée nationale ont voté à l'identique la loi Climat à l'issue d'une commission mixte paritaire conclusive. Le texte prévoit l'imposition d'un menu végétarien hebdomadaire dans les cantines, la mise en place d'une redevance sur les engrais sous deux ans si la trajectoire fixée par décret n'est pas respectée, et " en veillant à préserver la viabilité économique des filières ". Concernant les engrais, la loi retient également la création d'un plan national Eco'Azot inspiré d'Ecophyto, et l'interdiction de l'utilisation des engrais de synthèse aux personnes publiques. Par ailleurs, le dispositif de lutte contre l'artificialisation final reposera bien sur des objectifs régionaux contraignants de zéro artificialisation nette à l'horizon 2050. Le terme d'écocide est également de retour dans le texte final. Enfin, la loi conserve la mention du respect des nouveaux objectifs de réduction d'émissions de -47% entre 2005 et 2030 fixés par le nouveau paquet climat européen.

Programme national pour l'alimentation : le Gouvernement finance 107 nouveaux projets

Le ministère de l'Agriculture et de l'alimentation a présenté, le 6 août, les 107 projets nouvellement financés dans le cadre du Programme national pour l'alimentation (PNA3) et du plan France Relance. Au total, 8,4 millions d'euros seront déployés pour soutenir le développement des initiatives lauréates soutenant « l'accès du plus grand nombre à une alimentation locale, durable et de qualité ». Ce dispositif fait ainsi écho à la loi Egalim, pour l'alimentation durable dans la restauration collective. Les initiatives sélectionnées comptent, parmi elles, 86 nouveaux projets alimentaires territoriaux (PAT) – s'ajoutant aux 65 premiers lauréats de l'année 2021, sélectionnés en mars dernier. En outre, des 300 candidats à l'appel à projets « innovants » 2020-2021 du PNA3, le Gouvernement en a retenu 21 « se distinguant par la qualité de leur démarche dont le PNA subventionne l'essaimage », à l'échelle régionale ou nationale.

L´Anses rend son avis sur la réintroduction des PAT dans l´alimentation des porcs et des volailles

Les cas d´ESB sont devenus extrêmement rares en Europe. La Commission européenne a donc proposé aux États membres d´alléger, sous certaines conditions, la réglementation qui interdit l´utilisation de protéines animales dans l´alimentation des animaux d´élevage. L´Anses a été saisie pour évaluer les risques pour la santé animale et humaine que représenterait cette réintroduction des protéines animales. Le projet de la Commission européenne actuellement à l´étude est d´autoriser l´utilisation de protéines animales transformées (PAT) issues de volailles dans l´alimentation des porcs, et de PAT de porcs dans celle des volailles. Il est également envisagé d´autoriser des PAT d´insectes pour les porcs et les volailles. Dans son nouvel avis scientifique, l´Anses pointe notamment la nécessité d´une séparation stricte, par espèces, de la chaîne de production des aliments afin d´éviter tout risque de transmission d´EST par contamination croisée. Quant à l´utilisation d´insectes en alimentation animale, l´Anses recommande de respecter certaines règles sanitaires afin d´empêcher la transmission de microorganismes pathogènes et de contaminants chimiques aux porcs et aux volailles.

La Commission approuve l'étiquetage des viandes préemballées

D'après un communiqué de la commission européenne, l'obligation d'indiquer le pays d'origine des viandes préemballées autres que le bœuf, en vigueur depuis 2015, est jugée sans inconvénients. Cette conclusion s'appuie notamment sur un rapport d'évaluation qui indique, qu'au niveau mondial, les règles d'étiquetage d'origine ont été introduites « sans perturbation des échanges, augmentation évidente des prix pour les consommateurs et charges inutiles pour les opérateurs et l'administration ». L'étiquetage des viandes non préemballées utilisées comme ingrédient dans les préparations et les produits transformés fera l'objet « d'analyses d'impact spécifiques que la Commission réalisera dans le cadre de la stratégie "De la ferme à la table" », précise la Commission.

Les prix du porc continuent de baisser en Europe

Le 9 août, le Marché du porc breton (MPB) soulignait une nouvelle baisse des cours du porc en Europe. Avec un débouché chinois qui marque le pas, les grands exportateurs européens de viande de porc se sont recentrés sur le marché intracommunautaire où la demande estivale est « médiocre ». Face à la surproduction, les opérateurs ont opté pour « une forte dévalorisation des prix du porc ». Moins impacté par la baisse des achats chinois que d'autres pays européens, et bénéficiant « d'un manque d'offre », l'Italie a toutefois réussi à tirer son épingle et a vu son prix du porc augmenter de 4,4 centimes pour arriver à 1,439 euro/kg. À l'inverse, les prix se maintiennent aux États-Unis et en Chine.

La castration des porcelets interdite dès le 1er janvier 2022

Le ministre de l´agriculture a annoncé une fin de la castration à vif des porcelets à partir du 1er janvier 2022. Les responsables de la filière porcine appellent à une vigilance aux distorsions de concurrence liées au surcoût engendré par la castration sous anesthésie. La FNP rappelle sa position, se prononçant sur la nécessité de faire du mâle entier la référence du cadran. Le syndicat majoritaire est conscient que toutes les options alternatives à la castration à vif doivent rester ouvertes.

Le ministre de l'Agriculture annonce la fin du broyage des poussins mâles

Le ministre de l'Agriculture Julien De Normandie annonce que tous les couvoirs à poules de France devront avoir commandé, si ce n'est installé, une machine capable de déterminer le sexe du poussin dans l'oeuf, au 1er janvier 2022. La mise en service devra se faire au cours de l'année. Le gouvernement a opté pour la spectrophotométrie, une technique qui permet de définir le sexe du poussin dans la coquille en identifiant la couleur des plumes des embryons. Ce qui permet de détruire les oeufs non désirés avant la naissance. L'État promet d'accorder 10 millions d'euros sous forme de subventions, dans la limite de 40% du montant de chaque investissement, ainsi qu'un lissage tout au long de la chaîne.