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Lettre d'information Agricole du 23 avril 2019

Publié le 23 avril 2019

De la prairie et moins d'élevage intensif pour nourrir l'Europe en 2050 

Une étude réalisée par l'Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), adossé à l'Institut d'Etudes Politiques (IEP) de Paris, souligne que pour nourrir plus d'habitants de façon plus équilibrée, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole de 40% par rapport à 2010, il faudrait que l'agriculture européenne produise « mieux avec moins ». En adoptant une agriculture agro-écologique basée sur la suppression des intrants chimiques, la baisse de l'élevage intensif, et une augmentation des prairies et de l'élevage extensif, l'Europe parviendrait à nourrir « durablement » ses 530 millions d'habitants en 2050, conclut également l'étude. 

Loi Egalim : le gouvernement demande d'aller plus loin 

À l'occasion d'une réunion de comité de suivi des relations commerciales à Bercy, le médiateur des relations commerciales agricoles a présenté le bilan des négociations 2019. Si ce bilan confirme une amélioration de la situation du secteur laitier, « pour les autres secteurs, les progrès sont encore insuffisants, au regard des objectifs des Etats généraux de l'alimentation de création et de meilleure répartition de la valeur vers les producteurs agricoles et les transformateurs », a déclaré Didier Guillaume et Agnès Pannier-Runacher dans un communiqué commun. Lors de la réunion, les ministres « ont insisté sur la nécessité d'aller plus loin, et de poursuivre et de multiplier les initiatives visant à garantir une rémunération plus équitable des agriculteurs ». À cet égard, ils ont demandé « des engagements sur les MDD ». 

France : la collecte recule dans toutes les régions à l'exception de la Normandie

Selon le ministère de l'Agriculture, la collecte laitière française de lait de vache est restée atone en début d'année. Elle a même reculé de 2,5% en février 2019 par rapport à 2018. Epargné par la dernière sécheresse estivale, le bassin Normandie est le seul à avoir enregistré une progression de sa collecte, de 2,2% par rapport à février 2018. Les livraisons sont en effet en recul « 0,8% dans le Grand Ouest, de 2,8% dans le Grand Est et de 1,9% dans le Nord Picardie pour les plus grands bassins ». Dans les autres bassins, la chute de la collecte varie entre 5,4% en Auvergne Limousin et 11,9% dans le Sud-Est. C'est dans le sud de la France qu'elle est la plus marquée : -8,5% dans le Sud-Ouest ou encore -6,2% en Poitou Charente. En cumul depuis le début 2019, la collecte recule dans toutes les régions à l'exception de la Normandie. En revanche, la collecte de lait bio progresse. La part de la collecte de lait bio représente 3,7% des livraisons nationales contre 3,1% en février 2018. La part du lait AOP/IGP représente 15,8%. 

Europe : la production de lait augmenterait à nouveau en 2019 

À la fin de décembre 2018, l'Union européenne à 28 comptait 1,6 % de vaches laitières de moins qu'en 2017, et 2 % de génisses de deux ans en moins, laissant imaginer un moindre taux de renouvellement en 2019. Malgré cette baisse de cheptel et la sécheresse estivale, la collecte laitière communautaire a augmenté de 0,9 % en 2018. Et, selon les prévisions diffusées le 17 avril 2019 par Bruxelles, Elle atteindrait 167,3 millions de tonnes en 2019, contre 166,4 millions de tonnes en 2018. 

Porc : des acheteurs moins nombreux et moins intéressés 

Alors que les achats de porc frais ont enregistré un recul de près de 15% entre 2011 et 2018, l'Institut du porc (Ifip) a mis en avant deux faits contribuant à cette baisse : la baisse du taux de pénétration (de 83,2 % à 81,7 % entre 2017 et 2018) et le recul du niveau moyen d'achat (de 8,7 à 8,5 kg/an par foyer acheteur entre 2017 et 2018). Pour l'Ifip, ce n'est pas l'évolution des prix qui a engendré ce recul, puisque les prix ont peu varié d'une année à l'autre (environ 7,25 euros/kg en moyenne). 

Poulet de chair breton, les raisons d'y croire 

Après avoir laissé des plumes, moins 4% de production en dix ans, la filière volaille de chair bretonne reprend des couleurs. Et la Bretagne veut y croire, offensive sur la reconquête du marché français. Le message a été porté vendredi dernier à Pontivy par ses principaux acteurs réunis pour en débattre par la chambre d'agriculture de Bretagne. Et ils sont confiants, même si l'enthousiasme et les ambitions affichés restent à traduire. En jeu ? L'amélioration de la compétitivité en élevage, la modernisation d'un parc de bâtiments âgés dont 2 sur 3 ont plus de 20 ans, et des éleveurs en attente de revenus et de perspectives pour être convaincus. Pour profiter de la cette croissance de la consommation, la filière s'est mise en ordre de marche, y compris en terre bretonne, marquée à l'Ouest par une orientation grand export très bousculée par la fin de son principal opérateur Doux. C'est à cette époque, fin 2017, avant la reprise des outils du premier faiseur à l'export, que la chambre régionale d'agriculture a lancé son étude prospective pour envisager l'avenir de cette filière volaille de chair qui compte en Bretagne plus de 2.000 éleveurs. Avec cette volonté de reconquête du marché français, "ses atouts, ses éleveurs, sa filière, la Bretagne est en première ligne par rapport à son positionnement sur les marchés, notamment de la restauration hors domicile et collective", insiste l'étude. Enfin, dans une note de conjoncture parue le 3 avril, le ministère de l'Agriculture constate que le déficit du commerce extérieur de viandes de poulets a atteint, en janvier, un niveau "inédit" à 25,7 milliers de téc (tonne équivalent carcasse) et 49,5 millions d'euros. D'une part, les importations en provenance de l'UE augmentent (+9 % sur un an), "notamment en provenance de Pologne et de Belgique". D'autre part, les exportations "reculent (-8,3 % sur un an, soit -2500 téc) ; certes les ventes sont "en hausse vers l'UE, mais "l'accès aux marchés du Moyen-Orient et de l'Afrique sub-saharienne se restreint" (-33 % et -29 %). La filière poulet française connaît une double difficulté : se maintenir au grand export depuis la fin des restitutions en 2013, et sur le marché intérieur, notamment en restauration hors domicile. 

Volailles de chair : les demandes de l'interprofession face aux importations 

La France a importé 4% de volumes de poulet en plus l'an passé qu'en 2017. Moralité, 43% des 1,3 milliard de tonnes de poulet consommées dans l'Hexagone viennent d'ailleurs, soit deux points de plus que l'an dernier. Toutefois, lors de son assemblée générale le 11 avril 2019, l'Anvol voit enfin un palier se dessiner. Pour atteindre l'objectif de reconquête du marché national de reprendre au moins un point par an les dix prochaines années, elle demande le soutien réel des pouvoirs publics, sur le volet financier mais surtout réglementaire. "Le plan d'investissement nécessaire pour que la France travaille à armes égales avec les autres pays européens est de 2,7 milliards d'euros dont 2,3 Mds dans les bâtiments d'élevage", rapporte Jean Michel Schaeffer, le président d'Anvol. L'association pointe une autre déception : malgré son travail de lobbying pour obtenir l'étiquetage obligatoire de l'origine des viandes dans tous les lieux de consommation, le décret n'est toujours par paru. 

Oeufs : la transition vers l'alternatif avance à grand pas 

Pour répondre aux attentes des Français, la filière oeuf s'est lancée en 2016 dans une démarche de transition : arriver à 50% d'élevages de poules pondeuses en système alternatif (Label Rouge, sol, plein air et bio) d'ici 2022. Mais grâce à une demande soutenue, le rythme de conversion s'accélère avec déjà 42% des élevages en alternatif, soit une multiplication par deux en dix ans. Selon l'administrateur du CNPO, les objectifs fixés pour 2022 devraient être atteints fin 2020 si la demande reste soutenue. Aujourd'hui, les oeufs alternatifs représentent 51,8% des achats en volume des consommateurs (24% pour le plein air, 17% pour le bio, 8% pour le Label Rouge et 3% pour le sol). De manière générale, les oeufs en grande distribution ont vu leurs ventes progresser de 1,9% en volume et de 3,5% en valeur. En 2018, la France a produit 14,3 milliards d'oeufs, soit 12,3% de la production européenne. La France représente 20% des effectifs européens de poules pondeuses en bio et 16% en plein air.