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Lettre d'information agricole du 23 octobre 2017

Publié le 24 octobre 2017

Les filières agricoles remettront leurs propositions au gouvernement le 10 décembre

Suite au discours d'Emmanuel Macron lors des EGA, le ministre de l'Agriculture a annoncé que les acteurs de la filière agricole remettront le 10 décembre prochain au gouvernement leurs propositions pour faire évoluer le secteur. Courant janvier, « le président recevra les filières pour faire un point ». Selon les filières (lait, céréales, poulet...), cela pourra consister à s'engager soit à des restructurations, soit à investir pour monter en gamme, soit à s'orienter vers de nouveaux modes de commercialisation tels que les circuits courts ou la restauration collective. Emmanuel Macron a fait des plans stratégiques des filières une condition pour le relèvement du seuil de revente à perte (SRP) des produits alimentaires, qui sera compris dans les ordonnances du premier semestre 2018.

Des propositions pour encadrer l'application du Ceta

Dix-huit députés LREM (La République en Marche) ont adressé le 18 octobre au Premier ministre Edouard Philippe une trentaine de propositions d'encadrement de l'application du traité de libre-échange UE/Canada (Ceta). Cette lettre intervient alors que l'exécutif doit dévoiler prochainement un « plan d'actions » sur l'application du Ceta, après la remise d'un rapport d'experts constitué en raison des craintes liées aux effets de l'accord sur l'environnement et la santé principalement. Dans son courrier, le groupe de travail LREM, propose notamment une série de mesures concernant l'importation de viande. Le groupe suggère d'étudier un étiquetage spécifique des viandes ou produits à base de viande destinés à informer les consommateurs sur l'usage de produits comme les antibiotiques. Ils recommandent également de renforcer les contrôles sur les produits interdits dans l'UE (bœuf aux hormones, saumon transgénique) et d'« étendre le moratoire français actuel aux « nouveaux OGM ».

Instauration d'une assurance-chômage pour les agriculteurs : la FNSEA réservée

Suite à un entretien avec le Premier ministre Edouard Philippe, Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA s’est dit très réservée quant à l'instauration d'un dispositif d'assurance-chômage pour les agriculteurs. Considérant ce nouveau dispositif comme une « cotisation supplémentaire », la responsable du principal syndicat agricole français a indiqué avoir plutôt proposé au gouvernement la mise en place « d'outils d'accompagnement » pour « éviter que des exploitants se disent "je n'ai pas d'autre choix que de continuer" ».

Importations de produits bios : le certificat électronique devient obligatoire

L'Inao (institut national de l'origine et de la qualité) informe qu’à compter du 20 octobre 2017, il est obligatoire pour les importateurs de produits biologiques en provenance de pays tiers de disposer d’un certificat électronique, en remplacement du certificat papier. Cette modification vise à améliorer la traçabilité et le contrôle des produits biologiques importés de pays tiers. En conséquence, tous les opérateurs concernés doivent être inscrits sur l'application TRACES NT.

Europe : Bruxelles vient en aide aux agriculteurs face à la distribution

Les institutions vont garantir aux producteurs le droit à un contrat précisant le prix et le volume d'achat. La Commission dénonce le pouvoir de négociation « disproportionné » de la grande distribution. Le texte adopté vise d'abord à sécuriser un droit individuel au contrat écrit pour les agriculteurs et autorise la négociation de clauses contractuelles de partage de la valeur ajoutée entre les acteurs de la chaîne d'approvisionnement. « Les lignes ont enfin bougé ! Nous obtenons une clarification de l'application du droit de la concurrence au secteur agricole. Les organisations de producteurs pourront maintenant planifier la production et négocier les volumes et les prix en dérogation au droit de la concurrence », se félicite l'eurodéputé français Michel Dantin (PPE), à la manœuvre sur ce dossier. Cela va dans le sens de la révolution culturelle à laquelle a appelé mardi Emmanuel Macron lors des États généraux de l'alimentation. L'Élysée y a de nouveau exhorté les agriculteurs à raisonner en organisations économiques et à grouper leur offre pour peser dans les discussions avec leurs clients industriels et distributeurs, voire d'imposer les prix de contrat.

Bovins : l’export européen progresse de 17 % en valeur

D’après Bruxelles, les exportations européennes de bovins et de viande bovine sont restées stables en volume sur les huit premiers mois de l’année. Elles ont en revanche bondi en valeur (+16,7%). Avec 56.664 tonnes (+70,5 %), Hong Kong s’est imposé comme le premier débouché de la viande européenne, devançant la Turquie (48.762 t, +23,3 %). Israël s’installe en troisième place du podium, avec 31.616 t, soit 14,8 % de plus que l’an dernier. Ces trois débouchés absorbent plus du quart des exportations européennes. En valeur, la Turquie occupe toujours la première place (285 millions d’euros, +19,6 %) devant Hong Kong (149 millions d’euros, +88,4 %) et Israël (146 millions d’euros, +18,4 %). Ces trois pays représentent 45 % du chiffre d’affaires à l’export de l’Union.

Le Brexit aurait des conséquences limitées sur la filière porcine

En baisse sensible depuis quatre ans, les échanges commerciaux entre la France et le Royaume-Uni dans le secteur de la viande porcine sont assez modestes, même si le Royaume-Uni constitue le 3ème débouché de la France après la Chine et l'Italie. Le Royaume-Uni est très dépendant des importations pour satisfaire ses besoins : les importations de produits à base de porc en provenance des autres États membres de l'Union européenne avoisinent un million de tonnes équivalent carcasse par an, alors que ses exportations se situent entre 170.000 à 190.000 TEC. Les principaux fournisseurs du Royaume-Uni sont le Danemark, l'Allemagne, les Pays-Bas et l'Irlande, la France arrivant en 7ème position. Dans les négociations à venir entre le Royaume-Uni et l'Europe, le maintien des flux d'échanges et les accords commerciaux constitueront un volet important. La mise en place de barrières tarifaires pourrait entraîner une déstabilisation du marché communautaire, avec le report de livraisons intra-européennes jusqu'alors destinées au Royaume-Uni vers les autres pays de l'Union européenne. Dans le même temps, l'Union devra se prémunir face au risque de voir des produits étrangers, provenant du Brésil, de Thaïlande ou des États-Unis, rentrer sur son territoire via le Royaume-Uni, après transformation.

Poule de réforme : gérer la volatilité

Le début de l'automne est toujours synonyme d'un petit regain de tension sur le marché de la poule de réforme. Les abattoirs qui vendent de la poule fraîche reviennent sur un marché qu'ils ont désert, à cause de la crise au fipronil, ce qui les a conduits à venir s'approvisionner dans l'Hexagone. Enfin, le niveau historique des prix atteints par les œufs français, notamment de fin de ponte, incite les éleveurs à garder leurs poules et retarder l'heure de la réforme. Début octobre, les cours étaient compris entre 0,10 et 0,22 euros/kg. Si les abattoirs travaillant le frais sur des quantités limitées ont une marge de manœuvre sur leurs prix d'achat, les spécialistes de l'exportation se disent pris en étau, comme l'illustre la cessation de paiement de Socavol. Lors de la grippe aviaire, fin 2015, plusieurs marchés ont fermé leurs portes aux volailles françaises, et certains débouchés, les plus rémunérateurs, n'ont pas encore été reconquis.