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Lettre d'Information Agricole du 29 mai 2017

Publié le 29 mai 2017

Publication des critères d’éligibilité aux dotations des réserves de DPB

Le 19 mai 2017, le ministère de l’Agriculture a publié au Bulletin officiel une instruction précisant les critères d’éligibilité et les modalités de calcul des dotations des réserves régionales de droits à paiement de base (DPB). Quatre programmes sont mis en œuvre : le programme jeunes agriculteurs (JA) et agriculteurs qui commencent une activité agricole (NI), le programme « grands travaux », le programme « force majeure et circonstance exceptionnelle » et le programme spécifique « droits à attribuer en vertu d’une décision judiciaire ou d’un acte administratif définitif ». Le programme « désavantages spécifiques » n’est quant à lui pas reconduit en 2016. 
 

Jacques Mézard fait du paiement des aides Pac une priorité 

Interrogé sur LCP le 23 mai, Jacques Mézard a évoqué « des paiements d’ici au 30 juin » sur une partie des aides Pac, ainsi qu’un traitement « relativement » rapide pour les indemnités compensatrices des handicaps naturels (ICHN). Concernant les aides 2015 pour le bio qui n’ont pas encore été payées, « il y a, selon le ministre, un problème entre l’administration d’État et les Régions, avec une diversité dans la manière d’appréhender les dossiers par les conseils régionaux (qui versent ces aides) ». Jacques Mézard prévoit donc de « prendre contact avec Régions de France pour voir quelles sont les difficultés auxquelles elles sont confrontées et comment on peut mieux coordonner nos réponses. » 

 

Agriculture : Une loi de simplification des normes dès juin

A l’occasion d’une première rencontre officielle avec la FNSEA le 22 mai, le ministre de l’Agriculture a annoncé la présentation d’un texte sur la simplification des normes en juin. « Le texte ne portera pas seulement sur des problématiques environnementales, mais aussi sur des procédures et des délais administratifs, ainsi qu’un certain nombre de réglementations touchant aux domaines du sanitaire, du travail, etc. », a indiqué la présidente de la FNSEA. La FNSEA a par ailleurs demandé la pérennisation du Corena, le Comité de révision des normes agricoles qui avait été annoncé par l’ex-Premier ministre Manuel Valls. Autre précision du ministre : le plan de modernisation des exploitations annoncé à hauteur de 5 milliards d’euros par le chef de l’État, émanera du budget national et non d’un budget européen. Il sera destiné à « relancer la machine et la dynamique agricole ». Le sujet de la sécheresse et de la possibilité accordée aux agriculteurs de stocker l’eau en cas de forte pluviométrie a également été abordé. La FNSEA a également profité de l’échange pour demander le versement du solde « des dettes laissées par M.Le Foll sur la Pac, avec notamment les retards de paiement ». 
 

L’agriculture biologique demande le soutien des pouvoirs publics

À l’occasion d’une conférence de presse le 23 mai, Florent Guhl, le directeur de l’Agence bio, a annoncé qu’ « en 2016, ce sont 400 agriculteurs par mois qui sont passés en bio ». En se basant sur les surfaces en conversion à fin 2016, les surfaces certifiées biologiques devraient augmenter de 20 % en 2017, et de plus de 20 % en 2018 par rapport à 2017. En quatre ans, la filière aurait permis le recrutement de 32.500 postes supplémentaires en amont comme en aval de la filière. L’Agence bio estime que près de 118.000 emplois directs sont concernés par l’activité biologique en 2016, soit 18.000 de plus qu’en 2015. Si l’agriculture biologique affiche une belle progression, Florent Guhl a toutefois insisté sur l’importance du soutien public pour poursuivre le développement engagé. L’argument de l’emploi sera probablement l’un des plus mis en avant par les acteurs de la filière pour obtenir davantage de soutien des pouvoirs publics. 
 

Code du travail : Les employeurs de l’agriculture écartés

Dans un courrier commun daté du 23 mai, la FNSEA, l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (UDES) et l’Union nationale des professions libérales (UNAPL) interpellent Emmanuel Macron sur la réforme du code du travail. Ecartées des discussions, les trois organisations demandent en effet au chef de l’État à être consultées au même titre que les autres partenaires sociaux patronaux, « afin que les employeurs des secteurs de l’agriculture, de l’économie sociale et solidaire et des professions libérales, puissent être entendus ». Représentant à elles seules près de 30% des salariés, les trois parties souhaitent apporter leur vision sur les rôles respectifs de la branche professionnelle et de l’entreprise. 
 

L'OIE adopte une stratégie mondiale

Le 24 mai 2017, les membres de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) ont adopté la première stratégie mondiale en faveur du bien-être animal. Approuvée préalablement en décembre 2016, elle vise à atteindre « un monde où le bien-être des animaux est respecté, promu et renforcé, parallèlement à une amélioration croissante de la santé animale, du bien-être de l'homme, du développement socio-économique et de la durabilité environnementale ». 
 

Recul des fabrications de produits laitiers en France au 1er trimestre

En cumul sur le 1er trimestre 2017, une grande majorité des fabrications de produits laitiers est en retrait en raison du déficit de matière première par rapport à 2016. Les fabrications de lait conditionné baissent de 4,5%, celles de yaourts et desserts lactés de 2% tandis que les fabrications de crème conditionnée progressent de 2,4%, selon une note Agreste du service de statistiques du ministère de l'agriculture. Parmi les principales fabrications de fromages, celles de fromages frais baissent de 2,9% par rapport au 1er trimestre 2016 et celles de fromages à pâte molle diminuent de 3%, les fabrications de fromages à pâte persillée baissent de 2,3% et celles de fromages à pâte pressée cuite de 7,4%. La situation est plus favorable pour les fabrications de fromage à pâte pressée non cuite en hausse de 3%. 
 

Viande bovine : La France a une carte à jouer sur le marché chinois

Bien que la consommation de bœuf en Chine soit peu élevée (environ 6 kg de carcasse par habitant), la demande augmente. L’offre locale n’arrivant pas à absorber la demande, les prix ont fortement augmenté ces dernières années, jusqu’à faire de la viande bovine la plus chère sur le marché chinois. Pour freiner cette hausse des prix et satisfaire la demande locale, la Chine ouvre donc ses frontières au bœuf étranger. Après les Etats-Unis, l’Irlande et les Pays-Bas, la France a vu l’embargo se lever en mars 2017. Jean-Marc Chaumet, chef de projet et spécialiste de la Chine à l’Institut de l’élevage, estime que l’Hexagone bénéficie d’une belle renommée et qu’elle a des cartes à jouer sur ce marché en pleine expansion. Pour se démarquer de la concurrence étrangère, la France devra miser principalement sur le marketing et l’éducation du consommateur, la « qualité de la viande bovine française fera le reste », note Jean-Marc Chaumet.