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Lettre d'information Agricole du 6 novembre 2017

Publié le 06 novembre 2017

L'assemblée a voté le budget de l'agriculture

Le 2 novembre, l'Assemblée nationale a adopté en première lecture le projet de budget 2018 pour l'agriculture. D'un montant global de 5,23 milliards d'euros, celui-ci est en hausse de 1,6% par rapport à 2017, et comprend notamment une provision de 300 millions d'euros pour améliorer la gestion des aléas économiques, climatiques et sanitaires ainsi que pour couvrir « les refus d'apurements » des aides de la politique agricole commune (PAC) par l'Union européenne. « L'agriculture française doit aujourd'hui se transformer en profondeur pour relever trois défis majeurs: la transition écologique, la réponse aux exigences renforcées des consommateurs et des citoyens, et la résilience dans un monde d'instabilité croissante, d'aléas et de crises », a indiqué le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert. Le versement des 5 milliards d’euros promis par Emmanuel Macron pour la modernisation de l'agriculture française sera en revanche lié aux conclusions des états généraux de l'alimentation, qui se finiront en fin d'année.

Repli des prix agricoles à la production en septembre

D’après l’Insee, si les prix agricoles à la production ont légèrement augmenté sur un an (+0,3 %), ils affichent une baisse sur un mois (-1,4 %). En septembre, les prix des céréales ont ainsi poursuivi leur baisse (-0,5% après -4,2%). Du côté de la viande, la baisse se poursuit avec -0,6 % en septembre. Elle s’accentue pour les porcins : -6,3 % sur un mois et -10,3 % sur un an. « La réduction des débouchés à l’exportation, la faiblesse de la consommation intérieure et la concurrence européenne pèsent sur les cours, estime l’Insee. Les prix des gros bovins continuent en revanche d’augmenter (+1,6 % et +8,2 % sur un an) », revenant au niveau de l’automne 2015.

Grippe aviaire : la France officiellement indemne

La France a regagné officiellement le 27 octobre son statut de pays indemne d'influenza aviaire hautement pathogène, conformément aux normes de l'OIE. Ce résultat a été obtenu grâce à l'assainissement de tous les foyers H5N8 identifiés entre fin 2016 et juin 2017 et en l'absence de nouveau foyer hautement pathogène détecté sur le territoire français depuis plus de trois mois. Cette évolution du statut sanitaire de la France va lui permettre d'obtenir la réouverture des marchés à l'exportation vers les pays tiers pour les volailles vivantes, les viandes de volailles et les produits à base de viande de volailles, notamment le foie gras. D'ores et déjà, le Japon a annoncé qu'il rouvrait son marché aux produits de volaille français. Le Ministère de l'Agriculture précise cependant que le statut indemne recouvré ne doit pas occulter la nécessité de prévenir toute ré-introduction et de diffusion du virus, notamment par la mise en place de nouvelles mesures de biosécurité pour tout détenteur de volailles et d'autres oiseaux captifs. En effet, des cas d'infection ont été récemment déclarés en Suisse, Italie, Allemagne, Bulgarie et à Chypre. - Le 30/10/2017 d'après Le Ministère de l'Agriculture

Lait : les stocks empêchent une vraie hausse du prix

Malgré la flambée du cours du beurre qui crève les plafonds depuis quelques mois, le prix du lait à la production ne devrait guère augmenter dans les semaines qui viennent, selon Dominique Chargé, le président de la Fédération nationale des coopératives laitières. En effet, l'Union européenne croule sous les stocks de poudre de lait. Ceux-ci ont atteint 380.000 tonnes, l'équivalent d'un tiers de la production annuelle. « Ça limite la capacité de remonter le prix du lait », note le patron des coopératives laitières. Et ce n'est pas la reprise de la production observée depuis quelques semaines en Europe qui va inverser la tendance. La structuration de la filière laitière en organisations de producteurs commerciales semble en revanche une piste prometteuse pour faire remonter de la valeur ajoutée aux producteurs. Pour la FNCL, la création de ces OCP devrait s'accompagner de la mise en place d'outils et de prévention des risques dans la prochaine Pac ainsi que d'un rééquilibrage des rapports de force entre industrie et commerce. Ce qui implique un assouplissement du droit de la concurrence en Europe ainsi qu'un certain nombre de corrections aux règles qui régissent les relations entre les fournisseurs et les distributeurs en France, comme le relèvement du seuil de revente à perte, le respect du tarif fournisseur comme socle de négociation et l'encadrement des promotions, par exemple.

Europe : les producteurs de lait manifestent devant le Parlement européen

Les prix du lait se sont redressés ces derniers mois, venant d'un plancher de 25 cts le litre en 2016 pour s'établir autour des 35 cts actuellement. Et pourtant, ce niveau reste encore insuffisant pour couvrir les frais de production des éleveurs, selon l'EMB qui a publié une étude sur les coûts de production dans cinq pays européens (Allemagne, Belgique, Danemark, France et Pays-Bas). Selon cette étude, réalisée par le bureau d'études agricoles allemand BAL, le coût de production moyen d'un kilogramme (ou litre) de lait en Belgique atteignait en 2016 41,37 cts d'euro, loin des 26,70 cts payés en moyenne aux éleveurs. La situation était comparable au Danemark (coûts de production de 39,77 cts le kg), en France (41,02 centimes/kg), en Allemagne (41,17 centimes/kg) et aux Pays-Bas (42,66 centimes/kg). Forte de ces chiffres, qui permettent d'objectiver la situation des agriculteurs, l'EMB réclame la mise en place, dans l'Union européenne, d'un mécanisme permanent permettant, en cas de crise, de limiter ou de réduire la production laitière pour une durée limitée, afin de faire remonter les prix. Pour porter cette demande, plusieurs dizaines d'agriculteurs européens ont organisé une action symbolique devant le Berlaymont, à Bruxelles. Autour d'une figure de vache squelettique, les producteurs laitiers ont symboliquement montré qu'après des années de crise, il ne leur reste plus « que la peau sur les os ».

La Russie élargit son embargo sur la viande européenne

Les autorités russes ont décidé d'élargir la gamme de produits carnés interdits d'importation sur son territoire en réponse à la position de certains pays concernant le conflit russo-ukrainien. De nouvelles restrictions d'importation s'appliqueront désormais : aux porcins vivants (à l'exception des reproducteurs de race pure) ; aux sous-produits alimentaires frais, réfrigérés ou congelés de bovins, porcins, ovins, caprins, ânes et mules (à l'exception des produits destinés à la fabrication de produits pharmaceutiques) ; aux matières grasses de porcs, volailles, bovins, ovins et caprins ; au saindoux, à l'huile de saindoux, oléo-stéarine et autres graisses animales. Ces restrictions concernent les produits originaires de l'UE, des États-Unis, du Canada, d'Australie, de Norvège, d'Ukraine, d'Albanie, du Monténégro, d'Islande et du Liechtenstein. Elles devraient s'appliquer jusqu'au 31 décembre 2018.

Bovins : production en hausse

En août 2017, la production bovine française progresse de 2%, en glissement annuel, souligne la dernière note de conjoncture Agreste du ministère de l'Agriculture. Parallèlement, en août 2017, avec plus de 123.3000 téc, la consommation de viande bovine est en repli de 2,9% par rapport à 2016. Sur les huit premiers mois de l'année, elle est en retrait de 2,7%. En août 2017, avec près de 20.000 tec, les exportations de viande bovine augmentent de 1,2% par rapport à 2016. Les importations de viande bovine reculent de 4,5% en août 2017 pour atteindre plus de 25.000 tec.

Hausse des abattages de porcs en septembre

En France, au mois de septembre 2017, les abattages de porcins ont progressé de près de 4% en têtes et de plus de 5% en poids, en glissement annuel. Depuis début 2017, cela représente en revanche une baisse de 3% en têtes et en tonnage. Sur le terrain commercial, en août 2017, les exportations de viande porcine ont augmenté de 5% en glissement annuel et les importations de 4%. Ce même mois, le solde du commerce extérieur en volume s’est affiché quasiment à l’équilibre.