Environnement

Carbone : l’agriculture très attendue

Environnement

Publié le 30 avril 2021

Quelles solutions pour l'agriculture dans la lutte contre le changement climatique ?

Longtemps accusée d’émettre du carbone dans l’atmosphère, l’agriculture est aujourd'hui porteuse de solutions dans la lutte contre le changement climatique. Grâce au diagnostic CAP'2ER, les exploitations peuvent mesurer leurs impacts positifs ou négatifs sur l’environnement et les corriger grâce à un plan d’action individualisé.

Les enjeux du Carbone pour l’agriculture

La France s’est engagée à réduire ses émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) de 40% d’ici à 2030 et à atteindre la neutralité carbone en 2050.

Les activités agricoles et forestières devront apporter leur contribution : si elles sont par nature vertueuses vis-à-vis du cycle du carbone (captation du CO2 atmosphérique grâce à la photosynthèse), elles génèrent en France près de 20% des Gaz à Effet de Serre (GES). Ces émissions sont essentiellement sous la forme du méthane (activité d’élevage) et du protoxyde d’azote (lié aux épandages d’azote minéral) dont l’effet de serre, traduit en équivalent CO2 est très important (effet de serre 25 fois supérieur pour le méthane et 298 fois supérieures pour le protoxyde d’azote). 

Contrairement aux autres secteurs, l’agriculture peine à faire baisser ses émissions significativement :

Emission de gaz à effet de serreSchéma gaz à effet de serre et stockage carbone

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L’enjeu de l’utilisation des sols

Pour la France, les surfaces boisées, véritables « puits de carbone », sont en légère augmentation, mais l’artificialisation des sols (habitat, routes, zones commerciales…) progresse elle aussi, de près de 50 000 ha par an, ce qui limite d’autant le potentiel de piégeage du carbone.
L’usage agricole des sols a également un réel impact sur le stockage carbone : les prairies permanentes ou à rotations longues, les haies, les cultures intermédiaires piègent le carbone. À l’inverse, l’érosion des sols, le labour et l’excès de produits phytosanitaires vident les sols de leur matière vivante et libère du CO2. Les surfaces où les sols sont très pauvres en matière organique représentent donc un potentiel de stockage très important si on arrive à inverser les tendances ; l’initiative 4 pour 1000 (taux de matière organique) lancée en France en 2015 vise cette séquestration du carbone et une agriculture « productive et résiliente ». 

Le besoin d’un investissement collectif massif

Les enjeux à relever passent par la mobilisation du plus grand nombre d’exploitants sur des évolutions de systèmes par nature complexes, appellent à des financements massifs. 

Quatre points permettront de vraies avancées sur ce front :

  • développer la recherche pour identifier des mesures de réductions efficaces et réalisables,
  • limiter la complexité des dispositifs d’accompagnement, 
  • rendre les diagnostics financièrement très accessibles par des financements d’État et/ou des filières (actuellement le coût d’un diagnostic est de l’ordre de 1200€ hors subventions),
  • proposer des mesures financières significatives à hauteur des changements à opérer.

Le bilan carbone au cœur du diagnostic CAP’2ER

Le bilan carbone est la différence entre les émissions brutes de GES (CH4, N2O et CO2) et le stockage carbone de l’exploitation. L’agriculture est un des seuls secteurs d’activité permettant de compenser en partie ses émissions de GES.

CAP’2ER propose deux niveaux d’analyse. Le premier niveau sensibilise et mesure l’empreinte carbone à l’échelle de l’atelier. Le second niveau permet de mesurer les impacts environnementaux à l’échelle de l’exploitation et de mettre en place un plan d’action. Ce niveau intègre et interprète près de 150 indicateurs permettant de mesurer les émissions de GES et de simuler les actions à mener pour les réduire. 

Le diagnostic a pour objectif de rechercher les impacts positifs ou négatifs de l’exploitation sur l’environnement et leurs origines. 

Pour cela, il mesure la consommation d’énergie, les émissions de GES, le bilan azote avec les pertes potentielles vers l’air et vers l’eau, la biodiversité, la performance nourricière... Il permet ainsi d’évaluer finement l’empreinte carbone nette sur une année par unité de production (lait ou viande).

Les postes les plus émetteurs sont identifiés afin de pouvoir cibler les actions à mettre en place.

Le diagnostic permet aux agriculteurs

Les leviers d’action à la recherche des performances écologiques et technico-économiques

À la suite du diagnostic, l’outil CAP’2ER permet d’établir un plan d’action individualisé, sur 5 ans, pour réduire son empreinte carbone, soit en réduisant ses émissions de GES, soit en augmentant son stockage carbone sur l’exploitation. Il se fait en concertation avec l’éleveur, en intégrant des simulations de résultats selon les actions envisagées, afin d’agir efficacement pour l’environnement et le portefeuille de l’éleveur. Plusieurs actions sont possibles, elles sont regroupées en cinq grands groupes.

Leviers d'action

Gestion du troupeau

C’est le premier levier potentiel de réduction de GES et le plus important ! Près de 50% des GES émis sur l’exploitation sont liés à la fermentation entérique des animaux. Une bonne gestion du troupeau pour optimiser la productivité, tant au niveau des génisses (âge au premier vêlage, renouvellement) que des vaches (santé, production laitière, gestion des animaux improductifs), permettra de réduire les GES jusqu’à 15 %.

Conduite des cultures

Le côté agronomique a également son rôle à jouer dans l’empreinte carbone, mais également sur les postes qualité de l’eau et de l’air. La réduction de GES est entre 3 et 4 % suivant le système d’exploitation ; cela englobe les pratiques de fertilisation minérale et organique, mais aussi la gestion des effluents d’élevage (temps de présence en bâtiment, délai d’enfouissement, méthanisation…).

Alimentation du troupeau

Ce levier a pour but de diminuer les émissions de méthane entérique produites et par la même occasion, de diminuer les empreintes carbones en amont de l’exploitation en limitant l’achat de concentrés. La réduction des GES se traduit par la recherche d’autonomie alimentaire, notamment via la valorisation du pâturage et l’optimisation du système fourrager (quantité et la qualité des fourrages, introduction de légumineuses, recherche d’autonomie protéique…).

Stockage Carbone

L’ objectif de ce levier est de maintenir à minima son niveau de départ de stockage carbone, par une meilleure gestion des rotations, par l’implantation de haies et/ou de prairies.

Consommation d’énergie

Ce levier peut permettre de diminuer ses émissions de GES jusqu’à 2%, en limitant sa consommation de fioul (conduite économe, simplification des pratiques…), en réduisant sa consommation d’électricité.

En plus de réduire l’empreinte carbone de son système de production, la mise en place d’un plan carbone se traduit directement sur les résultats économiques avec des charges opérationnelles plus faibles. Un bilan statistique des diagnostics réalisés à l’échelle nationale démontre que 10% des élevages dont les émissions sont les plus faibles présentent un gain de marge brute de l’ordre de 10 €/1 000 l de lait par rapport à la moyenne.

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Pour aller plus loin

La filière « ruminant » dispose du label bas carbone

Le label bas-carbone, lancé par le gouvernement en 2019, permet de certifier des projets de réduction d’émissions de gaz à effet de serre et de séquestration carbone dans tous les secteurs (forêt, agriculture, transport, bâtiment, déchets, etc.). Début 2021, seule la filière « ruminant » a obtenu ce label (CAP’2ER) ; le label grandes cultures est en cours d’homologation. Les travaux de l’institut IFIP (porc) laissent espérer des leviers importants de réduction de gaz à effets de serre pour la filière, en premier lieu la réduction des achats de soja produit sur les terres gagnées sur la forêt amazonienne.

Financement des diagnostics bas carbone pour les Jeunes installés

L’État a débloqué une enveloppe de 10 millions d’euros sur le Plan de relance et se fixe l’objectif de réaliser 5.000 diagnostics en 2021 et 2022 chez des agriculteurs installés depuis moins de 5 ans. Cerfrance Brocéliande a répondu présent à l’appel d’offres adressé aux organismes de conseil.

Réforme de la PAC et démarche bas-carbone 

Les mesures concernant le carbone appartiendraient à la liste des « éco-régimes » favorables à la transition écologique, au même titre que l’agriculture biologique, la gestion des pesticides, la réduction des produits phytosanitaires… Ces dispositifs se verraient affecter 20% ou 30% du budget des aides directes de la PAC de 2023 selon le résultat des négociations, en remplacement des aides vertes actuelles.

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