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Lettre d'information Agricole du 8 février 2021

Publié le 08 février 2021

L'agriculture européenne va devoir relever le défi du verdissement

Selon la Commission européenne, l'agriculture doit radicalement changer d'ici à dix ans pour réduire son impact sur l'environnement. Dans son plan De la fourche à la fourchette, elle indique que l'agriculture européenne devra avoir réduit l'utilisation des pesticides de 50 % d'ici à 10 ans, renoncé aux engrais pour 20 % et la culture bio va devoir prendre plus d'importance pour représenter 25 % des surfaces. L'alimentation doit en particulier devenir plus durable et plus sûre du strict point de vue de la santé. Mais selon le ministère américain de l'Agriculture (USDA), l'agriculture européenne privée d'une partie des pesticides et des engrais s'engagerait sur la voie du déclin. La production agricole européenne chuterait ainsi de 12 %. Les exportations reculeraient de 10 à 20 %. Le revenu agricole plongerait de 16 %. La production baissant, le prix des denrées agricoles augmenterait de 17 %. L'offre alimentaire de l'UE se resserrerait se traduisant par des hausses de prix impactant les budgets des consommateurs. Les technologies pourraient cependant aider à verdir l'agriculture européenne.

Agriculture : quand les virus menacent les élevages en plein air

Face aux pandémies, les élevages en plein air, porcs, palmipèdes et autres volailles doivent multiplier les mesures de protection. Outre les surcoûts, cela engendre une surcharge de travail. L'élevage de porc en plein air peine à se développer en France. Il ne pèse pas plus de 5 % de la production totale. Souvent, le fait de personnes non issues du monde agricole, qui ont « plus de mal à obtenir des financements », selon la Confédération paysanne, il a permis de réhabiliter des races anciennes (comme le Noir de Bigorre), dont les qualités gustatives font l'unanimité mais qui furent délaissées parce que mal adaptées aux objectifs de productivité et de prix bas pour les consommateurs. Les élevages sont très petits, les conditions de travail plus difficiles et la rentabilité fragile. La réussite va de pair avec une solide formation, la capacité à faire sa charcuterie et à organiser la vente en direct.

Europe : stabilité du prix du lait en décembre

Les prix du lait recueillis par le réseau LTO Nederland et European dairy farmers montrent un prix du lait standard en décembre 2020 à 335,3 euros/t en moyenne sur 16 transformateurs laitiers européens enquêtés, en hausse de 1,6 euro /t par rapport à la moyenne du mois précédent. C'est le 7e mois consécutif où une petite hausse du prix du lait moyen est constatée. Comparé à décembre 2019, le prix moyen reste toutefois inférieur de 6,6 euros /t (-1,9 %).

France : la filière laitière propose son propre score environnemental

L'interprofession laitière (Cniel) va participer à l'appel à projets de l'Agence de la transition écologique (Ademe), concernant la mise en place d'un score environnemental sur les produits alimentaires. Ce travail sera piloté par l'Association de la transformation laitière française (Atla). Si les détails de la méthodologie en préparation ne sont pas encore communiqués, elle reposera néanmoins sur le principe de « l'analyse du cycle de vie (ACV) ». « Dans la filière, nous disposons d'un outil approuvé par la commission européenne, le Dairy Pef, évaluant l'empreinte environnementale des produits laitiers, indique Jennifer Huet, chargée de mission environnement au Cniel. Il nous est paru important de s'appuyer dessus. » En complément, les experts impliqués prévoient d'inclure au système de notation les « externalités positives », comme la biodiversité.

Porc : l'USDA revoit à la hausse la production mondiale en 2021

Avec la hausse des prix en Chine, les éleveurs de porcs augmentent leur production. De ce fait, l'USDA a revu à la hausse ses prévisions. Il prévoit une augmentation de 5 % de la production chinoise par rapport à sa précédente estimation. Toutefois la production du pays devrait rester inférieure à ses niveaux d'avant la peste porcine africaine (PPA), pénalisée par la hausse des coûts de production et les problèmes de biosécurité dans les élevages. Les exportations mondiales de viande porcine ont elles aussi été revues à la hausse, de 3 % à 11,1 millions de tonnes.

Porc : la baisse du cheptel de truies se poursuit en France

En 2020, le repli du cheptel français de truies s'est poursuivi. Selon le bilan de FranceAgriMer, la filière française a perdu 12.000 truies, soit une baisse de 1,3 % de son cheptel reproducteur, désormais nettement sous la barre du million de têtes. Depuis 2010, l'effectif de truies a chuté de 18,6 %. Si en 2020, les gains de productivité ont permis une quasi-stabilité de l'ensemble du cheptel porcin par rapport à 2019 (-0,2 %, -29.000 têtes), sur le long terme la tendance reste néanmoins à la baisse (-950.000 porcs depuis 2010).

En 2020, les abattages porcins ont progressé dans le Grand Est

En 2020, les abattages porcins ont dépassé les 23 millions de porcs sur toute la France (-0,7 % par rapport à 2019). Selon Culture Viande, la situation est contrastée selon les régions. Le syndicat estime que « la concentration des abattages par les grands groupes se confirme, les cinq premiers réalisant plus de 70 % des abattages nationaux en 2020 ». Sur le plan régional, la Bretagne, où les abattages ont légèrement reculé de 0,6 %, reste largement dominante avec 60,1 % de part de marché, le grand Ouest avec les Pays de la Loire et la Normandie représentant 71 % des abattages porcins. Le Grand Est a affiché la plus forte progression l'an passé avec +6,2 % (mais seulement 1,3 % de part de marché) alors que la Normandie a subi le plus fort recul (-9,2 %) devant les Hauts de France (-8 %).

Les aviculteurs réclament une revalorisation d'un centime par oeuf

Les éleveurs de pondeuses estiment à 1 centime par oeuf le besoin de revalorisation des prix en GMS pour compenser l'envolée des cours de matières premières objectivés par les indices Itavi. « En moyenne, un Français achète 110 oeufs par an en GMS, cela ferait donc 1,1 euro/an et par personne » chiffre Yves-Marie Beaudet, administrateur de l'UGPVB (Union des groupements de producteurs de viande et d'oeufs de Bretagne) et producteur d'oeufs. Selon lui, à l'heure des négociations commerciales, les centrales sont loin du compte contrairement à ce que prévoyait la loi Egalim. « Dès début février, nous n'hésiterons pas à dénoncer les centrales qui ne jouent pas le jeu et à inciter les consommateurs à aller dans les autres magasins », prévient Yves-Marie Beaudet.