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Lettre d'information Agricole du 15 février 2021

Publié le 15 février 2021

Le gouvernement ne ferme pas vraiment la porte au Mercosur

Le 4 février, le ministre français du Commerce extérieur, Franck Riester, a indiqué que Paris ne signerait pas en l'état l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur. La France attend notamment « des garanties tangibles et objectivables » des quatre pays concernés « sur l'environnement et les normes sanitaires ». Les éleveurs bovins français craignent que la France perde son « droit de véto » lors du vote sur l'accord Mercosur au conseil européen. Ils appellent donc Emanuel Macron à « intervenir très vite, publiquement, à Bruxelles, pour exiger le maintien de la nature « mixte » de l'accord et conserver, ainsi, sa possibilité de s'opposer à l'accord dans le cas où les « conditions » de la France ne seraient pas obtenues ».

Europe : deux tiers des consommateurs ont confiance dans leurs agriculteurs

Une étude menée par EIT Food auprès de 20.000 consommateurs dans 18 pays européens révèle que leur confiance dans le secteur agroalimentaire s'est améliorée en 2020, mais qu'une majorité d'entre eux estiment que ce secteur ne sert pas l'intérêt général. De tous les acteurs du secteur agroalimentaire, les agriculteurs sont ceux qui inspirent le plus confiance au public puisque deux tiers (67 %) des consommateurs européens affirment leur faire confiance. Seuls 13 % d'entre eux déclarent le contraire.

Allégations : les sénateurs veulent définir le profil nutritionnel des produits

La commission des affaires européennes du Sénat a adopté le 4 février un rapport et une proposition de résolution européenne sur les allégations nutritionnelles et de santé. Constatant des difficultés dans l'application du règlement européen relatif aux allégations nutritionnelles et de santé portant sur les denrées alimentaires, les sénateurs demandent dans leur rapport l'établissement de profils nutritionnels des produits (teneurs en sel, sucres, matières grasses, acides gras saturés et acides gras trans) afin que seuls ceux avec une figure favorable puissent afficher une allégation. Par ailleurs, ils souhaitent la mise en oeuvre d'une procédure particulière d'évaluation pour les allégations portant sur les produits à base de plantes, afin de garantir un usage traditionnel et la sécurité de la denrée alimentaire, ainsi qu'une mise à jour régulière de la liste des allégations nutritionnelles autorisées.

France : le marché des produits laitiers en 2020

Un document publié par FranceAgriMer propose une synthèse de l'année 2020 du marché français du lait de vache. Selon ce rapport, la crise sanitaire a mis un coup d'arrêt à la collecte de lait de vache, alors que celle-ci s'annonçait dynamique. La demande en produits laitiers de grande consommation s'est toutefois affichée en hausse au même moment, portée par les achats des ménages français qui ont été contraints de rester à leur domicile. Le solde des échanges français de produits laitiers s'est par ailleurs amélioré pour la seconde année consécutive, grâce à une réduction des importations. En lait biologique, FranceAgriMer note que la collecte de lait a progressé plus rapidement que les fabrications de produits finis et la consommation des ménages.

Le Covid continue de perturber le marché de la viande bovine

« L'importante crise sanitaire de 2020 a révélé un certain nombre de risques qui pèsent sur la filière bovine française », estime FranceAgriMer dans son bilan sur l'année 2020. Si les changements de canaux de distribution liés à la pandémie de Covid-19 ont créé des opportunités de revalorisation au sein de la voie femelle, le bilan a été bien plus morose du côté des filières de broutards et de jeunes bovins (JB). « L'encombrement du marché des jeunes bovins à la suite des pertes de débouchés à l'exportation ou en restauration hors domicile (RHD) a conduit à une importante et durable baisse de la cotation », notent les experts de FranceAgriMer, générant de surcroît une pression sur les prix des bovins maigres. La vaccination de la population contre le Covid semble la perspective la plus encourageante pour une reprise des échanges entre les pays européens en 2021, et notamment de viande de jeune bovin. Concernant les échanges de viande bovine, les exportations pourraient se stabiliser en 2021 tandis que les importations pourraient « retrouver un niveau intermédiaire entre les situations de 2019 et 2020, en tablant sur un retour progressif vers la situation de 2019 au cours de l'année ».

Porc : repli des exportations et importations françaises

Sur les 10 premiers mois 2020, les exportations françaises de produits porcins ont reculé de 6,1 % selon l'Ifip. Les envois vers la Chine augmentent en revanche de 24,1 % à 164.800 tonnes. Sur la période, 378.800 t de viande ont été exportées (-1,1 %), 56.800 t de produits transformés (+1,9 %) et 162.300 t de coproduits (-18 %). Les importations françaises de produits porcins ont, quant à elles, baissé de 7 % à 448.500 tonnes majoritairement en provenance d'Europe avec un repli de 5 % des achats espagnols. Les viandes comptent pour 48% des importations (215.300 t, -9,2 %), les produits transformés pour 33 % (152.500 t, -4,4 %) et les coproduits pour 18 % (80.700 t, -5,7 %) indique le Marché du porc breton.

En viande porcine, le débouché chinois est « appelé à se réduire »

D'après FranceAgriMer, le débouché chinois devrait se réduire dans les années à venir. Confrontée à la peste porcine africaine (PPA) depuis 2018, la Chine s'évertue à repeupler ses élevages porcins et à restructurer l'amont de la filière. En 2021, la production chinoise devrait ainsi progresser de 15 %, permettant à l'Empire du Milieu de réduire d'environ 10 % ses importations. Toujours selon FranceAgriMer, les exportations françaises devraient plafonner en 2021 comme en 2019 et 2020. Le chiffre d'affaires français à l'exportation est estimé à 1,8 milliard d'euros pour l'ensemble des produits porcins en 2020, soit une hausse de 168 milliards d'euros (+10,1 %) sur un an. Mais, l'Hexagone reste sous la menace de la peste porcine africaine. Si la maladie venait à atteindre la faune sauvage, cela pourrait fermer certains marchés comme ce fut le cas pour l'Allemagne.

Les volailles rurales veulent s'inscrire dans le Pacte vert européen

Les éleveurs de volailles fermières et petits producteurs d'oeufs, accouveurs de races rustiques et producteurs de volailles démarrées se mobilisent au niveau européen pour obtenir un statut. D'après Marie Guyot, secrétaire générale de l'European Rural Poultry Association (ERPA) et directrice du Syndicat national des labels avicoles de France (Synalaf), les volailles rurales s'inscrivent dans au moins six sujets de la stratégie « Farm to Fork », du Pacte vert européen. « Tout d'abord, elles entretiennent un système alimentaire durable donc résilient, qui respecte l'environnement, répond aux attentes sociétales et apporte de la valeur dans les territoires, indique-t-elle. Les autres sujets sont le respect du bien-être animal, la faible utilisation d'antibiotiques, la production biologique, la biodiversité animale et végétale, et l'information des consommateurs. » Compte tenu de ces motifs, les filières européennes souhaitent trouver leur place dans la politique agricole commune et les plans stratégiques nationaux. Selon Marie Guyot, différentes aides se justifieraient en France : au titre de l'agroforesterie sur les parcours, incitation à la certification qualité, aides de la Pac aux accouveurs qui ne bénéficient pas du titre d'agriculteur, etc.