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Lettre d'information ACS du 22 mars 2021

Publié le 22 mars 2021

Covid : une croissance de 6 % cette année reste atteignable, selon Bercy

Le 19 mars, le gouvernement a indiqué vouloir maintenir sa prévision de croissance à 6 % pour cette année malgré les nouvelles restrictions. Selon Bercy, le nouveau confinement ne devrait amputer le PIB que de 0,2 point cette année. « Nous avons aussi des motifs d'espoir du point de vue économique », qui pourraient compenser cet impact, a expliqué le ministre des Comptes publics, Olivier Dussopt, citant le niveau des recettes de TVA en janvier, qui témoigne d'une bonne tenue de la consommation des ménages, et la résistance de l'investissement en fin d'année dernière. Autre facteur d'optimisme, « la production industrielle a retrouvé, en janvier, son niveau de décembre 2019 », souligne Hélène Baudchon, économiste chez BNP Paribas. L'optimisme n'est toutefois pas général. Le Medef estime en effet que « ce reconfinement ne tire pas les leçons des précédents, et aura évidemment des conséquences sur les entreprises et sur le moral des entrepreneurs, des salariés et des régions concernées ». A la CPME, l'autre syndicat patronal, on craint qu'avec la fermeture des commerces dits non-essentiels, « certaines filières comme celle de l'habillement indépendant, par exemple, ne viennent purement et simplement à disparaître ».

Covid : Bercy muscle le dispositif d'aides

Après les annonces de reconfinement dans certains départements, le gouvernement a une nouvelle fois ajusté le fonds de solidarité. Jusqu'à présent, il était réservé aux entreprises perdant 50 % de leur chiffre d'affaires, et donnait droit à une aide mensuelle allant jusqu'à 10.000 euros ou 20 % du chiffre d'affaires perdu. Un nouvel étage a été ajouté, qui prévoit une subvention de 1.500 euros aux entreprises ayant perdu 20 % de leur chiffre d'affaires. Cela vise principalement « les commerces qui ne sont fermés que le week-end », a précisé Bruno Le Maire. Celui-ci a également promis dans les prochains jours « une solution pour traiter les questions des stocks avec les commerces de l'habillement » qui sont eux fermés. Au total, l'exécutif prévoit que toutes ces nouvelles aides devraient coûter 1,2 milliard d'euros par mois, dont 600 millions pour le seul fonds de solidarité et 400 millions pour l'activité partielle. Le ministère de l'Economie espère protéger la croissance avec ces nouvelles mesures.

40 % des financements de Bpifrance Bretagne vont aux secteurs d'avenir

Dans un contexte de crise et de mobilisation exceptionnelle, Bpifrance Bretagne dresse un bilan 2020 peu alarmiste. 24.609 entreprises, dont 95 % de TPE, ont bénéficié des Prêts garantis par l'État (PGE) à hauteur de 4,3 milliards d'euros. Bpifrance Bretagne a soutenu 3.098 entreprises à hauteur de 914 millions d'euros, permettant de mobiliser près de 2,3 milliards d'euros de financements publics et privés. 1.134 entreprises ont été aidées en Ille-et-Vilaine, 761 en Finistère, 703 en Morbihan et 505 en Côtes d'Armor, dont 22 % dans le commerce, 15 % dans l'hébergement, et 14 % dans la construction. Les secteurs d'avenir ont mobilisé près de 40 % des financements, avec un fort soutien aux secteurs NTIC, aux éco-industries et à la santé. La Bretagne a aussi été la première région en France à mettre en place, via le partenariat avec le Conseil régional, un Prêt Rebond (taux 0 sur sept ans) de 17 millions d'euros qui a bénéficié à 238 TPE et PME. Dans le cadre du Plan de relance, 21 entreprises ont été aidées à hauteur de 15 millions d'euros. S'agissant de la contribution aux plans sectoriels, Bpifrance Bretagne a par ailleurs apporté 840 millions d'euros de financement dans 3.300 entreprises du tourisme dont 10 millions de Prêts Tourisme à 39 entreprises. Bpifrance Bretagne a enfin accompagné 4.230 créateurs d'entreprises via quinze structures d'accompagnement financées.

Evolution de l'emploi en Bretagne

Le groupe d'intérim Synergie a publié des chiffres sur l'évolution de l'emploi en Bretagne. Ceux-ci témoignent d'une hausse régulière de l'intérim depuis deux mois, « passant d'un plus bas de 1.500 offres par semaine, à la mi-décembre, à une moyenne de 2.000 à 2.500 offres hebdomadaires en janvier et février 2021 ». L'intérim breton est porté principalement par l'agroalimentaire, la logistique, le naval, la santé et le BTP. Les métiers du transport et de la logistique sont aussi en plein essor, dans le sillage du e-commerce et des drives - densément implantés en Bretagne - qui ont bénéficié à plein du confinement et de la fermeture des restaurants. Autre secteur qui se développe : la construction et la réparation navales et nautiques, implantées principalement à Brest, Lorient, Concarneau, Saint-Malo, Le Guilvinec, dynamisées par deux clusters réputés, Bretagne Pôle Naval et Pôle Mer Bretagne Atlantique.

Covid : l'optimisme mesuré des salariés et représentants du personnel face à la crise

La dernière enquête annuelle de l'Ifop pour Syndex révèle que les trois quarts des salariés et leurs représentants jugent « bonne » la situation de leur entreprise malgré la crise. Mais cet optimisme, s'il est un signal fort de la volonté de faire face à la crise, doit être relativisé. Il exprime plus vraisemblablement un point de vue par rapport à ce que les uns et les autres « entendent dans leur environnement » sur la situation économique et intègre l'impact des fortes mesures de soutien économique mises en place pour faire face à la crise, précise Jérôme Fourquet, le directeur du département Opinion et Stratégies d'entreprise de l'Ifop. Chez les salariés et représentants du secteur du commerce, fortement impacté par les confinements, la confiance perd d'ailleurs 10 points, note l'enquête. Si l'optimisme domine globalement, il s'accompagne aussi d'un « état d'esprit assez sombre, marqué par de la fatigue et de l'inquiétude », signe d'un « corps social très fragilisé soumis à rude épreuve ». 62 % des représentants du personnel se disent fatigués, 53 % inquiets et 29 % en colère. Tandis que 43 % se disent déterminés et seulement 20 % optimistes. Salariés comme représentants sont d'ailleurs particulièrement préoccupés par les répercussions de la crise sur les conditions de travail et les risques psychosociaux : 59 % des salariés jugent qu'elles seront fortes. Le sujet vient en tête de liste, devant les répercussions sur les choix stratégiques de l'entreprise, la situation économique comme celle de l'emploi.

Covid-19 : les chefs d'entreprise « seniors » seraient les premiers touchés par la crise

Selon la dernière étude de l'Observatoire de l'emploi des entrepreneurs réalisée par Altares et l'association GSC, les dirigeants seniors et expérimentés seraient davantage impactés par la crise de Covid-19 que les autres entrepreneurs. Si la grande majorité des indépendants ayant perdu leur emploi en 2020 employaient moins de 5 salariés (9 dirigeants sur 10, comme avant la crise), une plus grande proportion de dirigeants PME « installés depuis plusieurs années dans leur secteur » auraient mis la clef sous la porte (+ 20,9 % par rapport à 2019), révèle ainsi l'étude. D'une manière générale, « les gérants d'entreprise avec un chiffre d'affaires supérieur à 2 millions d'euros ont moins bien résisté », signalent les auteurs de l'étude. Des données à corréler avec l'augmentation de l'âge médian des dirigeants concernés (48 ans en 2020, contre 46 ans en 2019). En cause ? « Cette nécessaire agilité dans un contexte de crise [qui] n'est pas toujours aussi bien ancrée dans des structures d'envergure », soulèvent-ils. « La crise s'attaque à des chefs d'entreprise installés dans leur vie personnelle qui peuvent avoir des charges familiales et une pression financière lourdes, retient Anthony Streicher, président de l'association GSC. Ces dirigeants seniors et expérimentés auront davantage de difficultés à rebondir après le prononcé de la liquidation judiciaire de leur entreprise. » De quoi insister sur l'importance de se garantir contre la perte d'emploi. « Un enjeu social et économique majeur », pour Frédéric Barthe, directeur général d'Altares, qui prédit une « augmentation du nombre de dirigeants en situation de perte d'emploi en 2021 et plus encore en 2022 ».

Les fonds pourraient bientôt reprendre plus d'entreprises en difficulté

Le ministère de la Justice travaille en ce moment à la transposition d'une directive européenne sur les « restructurations et l'insolvabilité » qui pourrait donner davantage de pouvoir aux fonds de dettes. L'idée du texte, qui a donné lieu à une phase de consultation entre le mois de décembre et le 15 février, est de renforcer les droits des créanciers au détriment des actionnaires lors de l'adoption d'un plan de restructuration en phase préventive (avant cessation de paiements). Le texte, qui devrait au mieux voir le jour en mai, vise à faciliter la conversion des dettes en capital, ce qui permettrait aux créanciers de s'exprimer et de voter, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Ce projet, dont les arbitrages sont toujours en cours, divise toutefois la place financière française.