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Lettre d'information ACS du 29 mars 2021

Publié le 29 mars 2021

Zone euro : le secteur privé retrouve la croissance pour la première fois en six mois

Selon les estimations de l'indice PMI composite du cabinet Markit, l'activité du secteur privé dans la zone euro a renoué avec la croissance en mars, pour la première fois depuis six mois, grâce à une hausse record de la production manufacturière malgré la pandémie. L'indice est en effet remonté à 52,5 points en mars, après 48,8 en février. L'économie de la zone euro a fait « mieux que prévu » et ce redressement « a été alimenté par une augmentation record de la production manufacturière alors que la demande mondiale continue de se remettre des conséquences de la pandémie », a souligné Markit, dans un communiqué. La société américaine d'information économique souligne toutefois que le sentiment général reste « terni par des inquiétudes concernant l'augmentation des taux d'infection par le virus ». « Comme de nombreuses grandes économies prolongent, voire renforcent, leurs mesures restrictives, le rebond de la production économique de la zone euro sera encore retardé. Nous visons toujours le deuxième trimestre comme point de départ de la reprise, mais nous nous attendons à ce que le rythme du rebond du PIB s'accélère réellement au cours du second semestre de l'année », a commenté Bert Colijn, économiste pour la banque ING.

Le climat des affaires s'est amélioré en mars avant le reconfinement

D'après l'Insee, le climat des affaires s'est nettement amélioré en mars en France, atteignant un point haut depuis le début de la crise. L'indicateur synthétique qui reflète le climat des affaires a en effet gagné 7 points par rapport au mois de février pour s'établir à 97 points, se rapprochant ainsi de sa moyenne de longue période qui est de 100. Cette forte progression reflète un « regain de confiance dans le tertiaire », selon l'Insee, l'indicateur ayant enregistré 6 et 5 points supplémentaires en un mois, respectivement dans les services et le commerce de détail. Dans l'industrie, moins touchée par les mesures de restrictions, le climat des affaires se stabilise après trois mois de hausse à un niveau proche de sa moyenne de longue période.

Les investissements étrangers profitent à tout le territoire, selon Business France

Selon un bilan publié le 25 mars par Business France, les investissements internationaux ne profitent pas qu'à l'Ile-de-France mais se diffusent sur l'ensemble du territoire, y compris dans les petites villes. Si Paris a attiré une part conséquente des projets d'investissement sur la période 2014-2020 (19 % des projets), 41 % des investissements ont été réalisés dans des villes de moins de 20.000 habitants et 70 % dans des villes de moins de 200.000 habitants, indique l'agence gouvernementale. Alors que 2 millions de salariés travaillent dans des entreprises étrangères implantées en France, les régions où elles ont créé le plus d'emplois sont l'Île-de-France (28 % du total), les Hauts-de-France (14 %) et l'Auvergne-Rhône-Alpes (12 %), à égalité avec le Grand Est. « Ce que la France peut offrir par rapport à d'autres pays, ce sont des espaces où le foncier n'est pas trop cher, avec des infrastructures de qualité et une main d'oeuvre formée », explique Christophe Lecourtier, directeur général de Business France.

Les fonds d'investissement se ruent sur les PME épargnées par la crise sanitaire

La pandémie de Covid-19 n'a presque pas de prise sur l'investissement dans les entreprises françaises non cotées. Malgré les confinements du printemps et de l'automne, les fonds de capital-investissement ont investi 17,8 milliards d'euros dans 2.027 PME et entreprises intermédiaires (ETI) non cotées, selon les décomptes de l'association du capital-investissement France Invest (réalisée avec Grant Thornton), soit une baisse limitée de 8 % par rapport à 2019. Il y a eu moins d'opérations mais les montants unitaires engagés ont augmenté. De fait, en cette période incertaine, les investisseurs ont préféré jouer la prudence en misant surtout sur des entreprises épargnées voire favorisées par la crise sanitaire. L'an dernier, deux secteurs ont ainsi tiré nettement leur épingle du jeu : le médical et les biotechnologies (4,3 milliards d'euros investis contre 2,9 milliards en 2019) et l'informatique et le numérique (3,5 milliards d'euros investis contre 2,8 milliards en 2019). La concentration des transactions sur les secteurs les plus porteurs a par ailleurs poussé le prix des entreprises vers des sommets historiques. Certaines sociétés tricolores partent même à des prix supérieurs à ceux de la moyenne européenne (12,6 fois le résultat d'exploitation) et américaine (11,4 fois). Les perspectives pour 2021 s'annoncent plutôt bonnes.

Les mesures de soutien à l'économie devraient coûter 32 milliards d'euros en 2021

D'après le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt, l'État devrait dépenser environ 32 milliards d'euros pour soutenir l'économie en 2021, après une année 2020 qui a vu le déficit et la dette atteindre des niveaux « historiques ». Dans le détail, 18 milliards sont prévus pour le fonds de solidarité, 11 milliards pour l'activité partielle et environ 3,5 à 4 milliards d'euros pour les exonérations de cotisations sociales. L'an dernier l'État a dépensé 47 milliards d'euros pour ces aides : plus de 16 milliards pour le fonds de solidarité, environ 27 milliards pour l'activité partielle (dont une partie assumée par l'Unedic) et 4 milliards d'euros d'exonérations de cotisations. Le déficit public a atteint 9,2 % du produit intérieur brut (PIB) et la dette s'est envolée à 115,7 %, a indiqué l'Insee fin mars.

Entreprises : cotisations sociales réduites sous condition pour une partie de l'année 2020

D'après un décret paru le 26 mars au Journal officiel, les entreprises ayant conclu des plans d'apurement pour payer leurs cotisations sociales se verront accorder des remises partielles pour la période allant du 1er février au 31 mai 2020, si elles ont perdu au moins la moitié de leur chiffre d'affaires. Plus précisément, le niveau de la remise accordée aux entreprises en difficulté va de 20 % des sommes dues pour celles ayant perdu entre 50 % et 60 % de leur chiffre d'affaires à 50 % de remise pour celles qui en ont perdu au moins 80 %. Pour les travailleurs indépendants, la remise est forfaitaire et va de 300 euros pour une perte de chiffre d'affaires comprise entre 50 % et 60 %, et jusqu'à 900 euros pour une perte au moins égale à 80 %. Les entreprises et travailleurs indépendants concernés doivent être à jour de leurs déclarations sociales, attester de difficultés économiques et avoir sollicité un étalement du remboursement de leurs dettes auprès de créanciers privés, s'ils en ont contractées.

Bruno Le Maire suggère de mobiliser l'impôt sur les sociétés pour réduire la dette Covid

Refusant l'idée d'augmenter les impôts pour rembourser la dette publique générée par la crise, le ministre de l'Économie suggère plutôt de consacrer une part des recettes futures de l'impôt sur les sociétés pour réduire la dette. « Si demain (...) les entreprises renouent avec la croissance, ont une croissance supplémentaire, et donc que les recettes de l'impôt sur les sociétés augmentent, est-ce qu'il ne serait pas efficace, est-ce qu'il ne serait pas juste, de consacrer une part de l'augmentation de cet impôt sur les sociétés (...) au remboursement de la dette Covid ? », a interrogé le ministre lors d'un débat sur la dette à l'Assemblée nationale. « Les entreprises vont rendre ce qu'elles ont réussi à obtenir grâce à la protection de l'État », a justifié Bruno Le Maire, ajoutant que « c'est une solution juste et efficace qui mérite en tout cas d'être étudiée ».