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Lettre d'information Agricole du 21 juin 2021

Publié le 22 juin 2021

L'agroécologie n'est pas incompatible avec la souveraineté alimentaire, selon une étude du CNRS

D'après une étude du CNRS publiée le 18 juin, la généralisation en Europe des pratiques agroécologiques, permettant de réduire voire de supprimer l'usage de pesticides et engrais de synthèse, permettrait de préserver la biodiversité tout en améliorant la souveraineté alimentaire du continent. L'étude propose notamment d'abandonner la doctrine dominante du « land sparing » (ou « économie de terre » pour l'agriculture, qui sépare les terres agricoles de celles tournées vers la protection de la biodiversité), au profit du « land sharing » (création de haies, avec une agriculture beaucoup plus extensive qui permet d'accueillir à la fois des espèces cultivées et des espèces sauvages, qui coexistent, et sont auxiliaires les unes des autres). L'étude prône également de modifier le régime alimentaire pour réduire la part des produits animaux dans la diète moyenne, qui avait crû de 35 % en 1960 à plus de 55 % aujourd'hui. Cela permettrait de « réduire fortement l'élevage » et de limiter les importations d'aliment pour le bétail, notamment de soja OGM.

En avril, la collecte laitière dépasse son niveau de 2020

Selon Agreste, le mois d'avril 2021 marque pour la première fois cette année, le retour à la croissance de la collecte française de lait de vache par rapport à 2020. La production affiche en effet une timide progression de 0,7 %, après quatre mois de net décrochage. Malgré tout, le volume collecté sur le premier quadrimestre de l'année (8,2 millions de litres) reste en retrait de 2,4 % par rapport au niveau enregistré au début de 2020, avant la crise sanitaire. En cumul sur les quatre premiers mois de l'année 2021, « la collecte est en retrait sur un an dans tous les bassins laitiers. » L'écart est limité dans le Grand-Ouest et la Normandie (moins de 1 % de retard), mais reste marqué en Charente-Poitou et dans le Sud-Ouest (plus de 6 %)

Viande bovine : la demande mondiale repart

12 millions de tonnes de viande bovine pourraient être échangées dans le monde en 2021, estime la FAO. C´est 1,1 % de plus que l´an dernier. Cette reprise des échanges mondiaux est à relier au rebond de la demande de la Chine, qui devrait voir ses achats progresser malgré la hausse de sa production intérieure, sous l´effet d´une demande bien orientée pour les produits rapides à cuisiner. En Corée du Sud, la demande est attendue forte, dynamisée par une baisse des droits de douanes. Le retour des touristes et des travailleurs saisonniers aux Emirats arabes unis pourrait contribuer à relancer les achats du pays. L´Iran et le Royaume-Uni devraient aussi être davantage acheteurs. Demande en berne et disponibilités intérieures larges devraient à l´inverse conduire à une baisse des achats russes, américains, canadiens et indonésiens. Ce sont le Brésil, les USA, l´Uruguay et le Canada qui devraient alimenter cette croissance de la demande mondiale en 2021. Les exportations européennes de viande à haute valeur ajoutée vers le Canada et le Japon devraient progresser grâce aux accords de libre-échanges, mais dans l´ensemble, les envois communautaires devraient se replier, faute d´offre.

Porc : cours une nouvelle fois reconduit

Le 17 juin, le cours du porc au MPB s´est établi à 1,547 EUR/kg, et ce pour la cinquième séance de vente consécutive. Le MPB souligne que « 2.300 porcs ont été refusés à la vente pour des enchères très insuffisantes, certaines s´établissant jusqu´à 3 centimes sous la moyenne précédente ». Par ailleurs, les abattages sont en recul de 7.000 porcs cette semaine dans la zone Uniporc Ouest. Les poids moyens devraient accuser une nouvelle baisse d´environ 350 grammes. En Allemagne, la référence a chuté de 9 centimes sous la pression des abattoirs. Ils font face à des difficultés dans la viande de porc en Europe. En cause, la concurrence agressive sur le marché européen des grands exportateurs (espagnols, danois et néerlandais) après le repli des achats chinois.

En mai, les prix des découpes de porc dépassent leurs niveaux de 2020

Entre mars et avril, le marché des découpes de porc en France a enregistré de fortes hausses de prix : +6,7 % en moyenne pour le gras, +7,1 % pour les longes, +6,1 % pour le jambon, +6,4 % pour les maigres et +4,8 % pour les poitrines selon l´Ifip. En mai, les prix ont dépassé de 2 % leurs niveaux de 2020. L´indice du marché de Rungis a augmenté de 4,1 % en un mois. De fortes hausses ont été enregistrées en épaule (+10,3 % entre avril et mai), suivie du jambon sans mouille (+5,6 %). Sur les autres marchés européens, la revalorisation a connu un coup d´arrêt en mai. Les cotations sont en repli. En Espagne, les cotations des quatre pièces de référence (jambon, épaule, longe et poitrine) reculent de 1,3 à 5,6 % en mai. En Italie, les cours se replient aussi à l´exception du jambon. Outre-Rhin, les prix reculent également et restent bien en dessous de leurs niveaux de 2020.

La France n'est plus autosuffisante en poulets

« Alors que dans les années 2000, la France produisait davantage [de poulets] qu'elle ne consommait (taux d'autosuffisance à 149 %), la situation s'inverse depuis 2014 », constate Agreste, le service de la statistique du ministère de l'Agriculture, dans une note de conjoncture publiée le 11 juin 2021. Malgré le recul de 4,2 % des exportations françaises entre 2014 et 2020, les importations ont progressé de 3,2 % sur la même période. En 2020, la production française ne couvrait plus que 84 % de la demande intérieure, nécessitant des « approvisionnements extérieurs conséquents ». « Alors que la France exporte 30,5 % de sa production de poulets, elle importe 41,6 % du poulet consommé, contre 24,2 % en 2000 », rapporte Agreste. C'est un part d'importations élevée en comparaison à la viande de dinde (16 % d'importations), de canard (9 %) et de pintade (1 %). Une légère diminution des importations a toutefois été observée entre 2016 et 2019.

La production d'oeufs a augmenté en mai 2021

D'après Agreste, le service de la statistique du ministère de l'Agriculture, la production française d'oeufs a progressé de 4,4 % en mai 2021 par rapport à mai 2020. Au premier trimestre, la production française a déjà progressé pour atteindre 3,7 milliards d'oeufs, soit 5,3 % de plus qu'en 2020. C'est en particulier la production issue de modes d'élevages alternatifs qui est à l'origine de cette augmentation.

L'oeuf liquide obtiendra bientôt le label rouge

« Les conditions de production du Label rouge s´étendront bientôt sur l´offre oeuf liquide », a indiqué Juliette Protino, Directrice adjointe au Synalaf (Syndicat National des Labels Avicoles de France), le 17 juin. Le Synalaf, travaille actuellement avec l´institut national de l´origine et de la qualité (INAO), les organismes de fraudes et les associations de consommateurs pour faire avancer la certification du label rouge sur ce segment. Cette démarche ouvrira certainement de nouvelles perspectives à la filière oeuf Label rouge aussi bien à l´industrie qu´en restauration hors domicile, notamment collective. Ce débouché est de plus en plus demandeur de produits sous signes officiels d'identification de la qualité et de l'origine (SIQO) retenus par la loi EGALIM qui prévoit d´ici 2022, dans les menus de la restauration collective, au moins 50 % de produits alimentaires durables, notamment sous SIQO.