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Lettre d'information Agricole du 10 septembre 2018

Publié le 10 septembre 2018

L'élevage subit le contrecoup de la sécheresse 

Les responsables de la FNSEA sont attentifs aux difficultés des éleveurs de bovins, laitiers ou à viande, pour nourrir leurs troupeaux à l'issue d'un été exceptionnellement chaud et sec. Patrick Bénézit, secrétaire national adjoint du syndicat majoritaire d'agriculteur, témoigne du déficit d'eau assez général. Il dénonce aussi une « spéculation » sur les prix de la paille que les éleveurs doivent mélanger au foin. La récolte d'ensilage de maïs, qui a démarré plus tôt que d'habitude en France et se poursuit dans le nord-ouest, demeure sous un point d'interrogation. Pour autant une partie de cette culture pourrait se récolter en grain au vu de l'augmentation des prix. Les fabricants d'aliments se préparent à combler cet hiver le déficit de fourrages du fait de consommations précoces. Or, ils voient les matières premières se renchérir nettement depuis le début de l'été. Le Snia, syndicat des fabricants d'aliments, s'attend, dans un communiqué, à un réel impact financier sur les filières de ruminants, de porcs et de volailles. Il mentionne l'indice IPPA, représentation des matières premières en alimentation animale, qui affichait 164,2 le 23 août contre 135 en août 2017. 

Hausse des prix agricoles à la production en juillet 

En juillet dernier, les prix français à la production de l'ensemble des produits agricoles se sont accrus pour le 3ème mois consécutif en données corrigées des variations saisonnières (+0,4%). Comparée à juillet 2017, la hausse est plus importante (+1,9%), indique la note Agreste. Parallèlement les prix à la consommation des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées ont progressé sur un an de 2,1%. 

Accord UE-Mercosur : le Brésil réclame plus d'engagement de l'UE

Le Brésil espère davantage d'engagement de la part de l'Union Européenne pour faire avancer les négociations en vue d'un accord avec le Mercosur. Le Ministre des Affaires étrangères brésilien, Aloysio Nunes, a expliqué : « Nous attendons un peu plus, de nouveaux pas de la part de l'Union Européenne, notamment dans le secteur des biens agricoles ». Les négociations durent depuis près de vingt ans, mais les deux blocs ont montré récemment l'intention de trouver un accord prochainement. Cependant, il reste quelques points d'achoppement, comme l'accès de produits comme la viande et le sucre aux 28 pays de l'UE. Aloysio Nunes considère que l'offre européenne d'accepter l'entrée de 99.000 tonnes de viande et 150.000 tonnes de sucre provenant du Mercosur est « assez limitée » et demande qu'aucune taxe ne soit appliquée pour ces produits. 

La collecte laitière française se tasse en août 

Au premier semestre, la collecte laitière française a progressé de 1,4% par rapport à l'an dernier, selon FranceAgriMer, portée par une production dynamique en Normandie (+2%), dans les Pays de la Loire (+1%), la région Auvergne Rhône Alpes (+2,6%) et le Grand Est (+5,3%) tandis que la collecte bretonne s'effritait (-0,5%). Une progression qui s'est enrayée au mois d'août, avec une chute de 2,2% en semaine 32, mais en cette période de creux de la collecte, la perte de volume est limitée. De plus, la production semble se reprendre maintenant que les températures sont plus clémentes. 

Boeuf aux hormones : l'UE veut régler le conflit avec les États-Unis 

La Commission européenne souhaite entrer en discussion avec les États-Unis pour régler définitivement l'ancien contentieux sur le bœuf aux hormones américain. Cette discussion ne vise par à revenir sur l'interdiction européenne du bœuf aux hormones, mais de voir si « une partie » du quota d'importation dans l'UE de bœuf étranger « de haute qualité » peut-être « allouée aux États-Unis », explique l'exécutif européen dans un communiqué. Le quota global de bœuf « restera exactement au même niveau » et ne couvrira « que les produits conformes aux normes européennes élevées en matière de sécurité alimentaire et de santé, en l'occurrence uniquement la viande bovine non traitée aux hormones. 

Le nombre de truies bio en progression 

En 2017, le nombre de truies bio a progressé de 14% par rapport à 2016 : 11.000 reproductrices ont été recensées dans 441 élevages. Toutefois, ce chiffre ne représente qu'un peu plus de 1% du cheptel national. Le taux de conversion des élevages porcins est nettement moins élevé que dans les autres productions (poules, vaches, poulets). En 2017, le bio concernait 36.000 agriculteurs en France, 8,3% des fermes et 6,6% des surfaces totales cultivées. 

L'oeuf bio va vers la surproduction 

Selon le Syndicat nationale des Labels avicoles en France, la production d'œufs bios est en progression de 7% sur le 1er semestre 2018 par rapport à la même période en 2017. La progression devrait se poursuivre alors que de nombreux projets de construction de pondeuses vont aboutir dans les 18 prochains mois. Le Synalaf alerte : « Il semble évident que le marché français ne pourra pas absorber cette augmentation conséquente d'œufs bio produits dans les mois à venir et cette menace de surproduction sera synonyme de perte importante de valeur pour l'ensemble de la filière française ». 

+91% de poulet frais ukrainien importé dans l'Union européenne 

+ 91%, c'est l'augmentation des importations de poulet frais ukrainien par l'UE jusqu'à fin mai 2018, soit 50.138 tonnes. L'Ukraine profite d'une faille réglementaire pour dépasser les 40.000 tonnes de contingent alloué à droits nuls, avec de la poitrine avec os et sans volume limité (27.127 t en 2018 sur un total de 80.083 t). Trois pays importent : Pays-Bas, Slovaquie, Pologne.