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Lettre d'information Agricole du 12 novembre 2018

Publié le 12 novembre 2018

L'Assemblée nationale vote le budget agricole pour 2019 

Le projet de budget 2019 pour l'Agriculture, d'un montant de 4,7 milliards d'euros, a été adopté par l'Assemblée. Celui-ci s'affiche en baisse de 10% après un changement de périmètre. Les députés ont également adopté un amendement gouvernemental permettant de financer la sortie progressive sur deux ans (et non en 2019 comme initialement prévu) de l'exonération de cotisations pour l'emploi des travailleurs saisonniers. Cet amendement prévoit une enveloppe de 30 millions d'euros par le ministère de l'Agriculture et 75 millions d'euros par divers ministères. 

La Pac après 2020 pas assez verte, selon la Cour des comptes 

Alors que la Commission européenne a mis en avant des objectifs environnementaux et climatiques hautement prioritaires dans sa proposition pour la nouvelle Pac après 2020, la Cour des comptes européenne a pour sa part estimé que les outils mis en place pour réaliser ces objectifs n'étaient pas clairement définis ni traduits en valeurs cibles quantifiées. Selon les auditeurs, l'estimation faite par la Commission de la contribution de la Pac aux objectifs de l'UE en matière de changement climatique, semble peu réaliste. Relevant de nombreuses options stratégiques très similaires à celles de la Pac actuelle, la Cour des comptes européenne regrette que la majeure partie du budget serve encore à financer des paiements directs en faveur des agriculteurs, calculés sur la base du nombre d'hectares de terre possédés ou cultivés. Selon les auditeurs, il s'agit d'un instrument « pas adapté pour répondre à nombre de préoccupations environnementales, et ne présentant pas non plus le moyen le plus efficient pour soutenir un revenu viable ». 

France : la sécheresse joue sur les coûts de production de lait de chèvre

Si la filière caprine affiche depuis quelques années un fort dynamisme grâce au lait de consommation et l'ultrafrais (+3,3% à fin août versus l'an passé), celle-ci devrait voir ses coûts de production augmenter en raison de la sécheresse de l'été. Sur les zones ou l'élevage caprin est important (centre-ouest, sud-ouest et sud-est.), la situation est en effet délicate avec des déficits de foin, de fourrages et de céréales. Ainsi, les producteurs s'attendent à une hausse des coûts de production de l'ordre de 10%. Dans ce cadre, la Fédération Nationale des Eleveurs de Chèvres (FNEC), demande à la distribution de prendre en compte ce paramètre dans les négociations commerciales. 

France : l'alimentation des vaches impacte la qualité du lait 

Selon une étude de l'Institut des éleveurs, une vache produit un lait de meilleure qualité lorsqu'elle mange de l'herbe. L'Institut a analysé la situation de 218 exploitations laitières dans le Grand Ouest. Résultat : celles où les vaches mangent essentiellement de l'herbe produisent un lait de meilleure qualité, plus gras et par conséquent vendu plus cher (+6 centimes le litre). Les éleveurs qui choisissent l'herbe gagnent donc mieux leur vie que ceux qui nourrissent leur troupeau aux céréales. 

Porc : un commerce morne et incertain 

Sur les neuf premiers mois de l'année, les principaux cours du porc en Europe affichent des baisses vertigineuses?: de -12,25% en Espagne à -18,94% au Danemark, selon le Marché du porc breton. Et aucune inversion de tendance ne se dessine. L'offre devrait rester large ces prochains mois. Agreste prévoit une hausse annuelle de la production européenne de 1,6% au 2nd semestre 2018 et de 2,7% au 1er semestre 2019, sous l'impulsion de l'Espagne et du Danemark surtout. Toutefois, la consommation européenne diminue régulièrement, que ce soit en viande ou en charcuterie. Les filières peinent à enrayer le mouvement comme à trouver des relais de croissance à l'étranger, le marché mondial restant largement approvisionné et concurrentiel. La Chine reste prudente dans ses achats. Les abattages nationaux sont importants et laissent assez de viande pour répondre à la demande. Enfin, l'absence de la Belgique dans certains pays d'Asie laisse des opportunités de vente aux autres États membres, y compris à la France. En revanche, les viandes belges inondent le marché communautaire, à des prix défiant toute concurrence, ce qui pèse sur les tarifs des autres origines. 

Porcins : reprise saisonnière des abattages 

D'après une note du ministère de l'Agriculture, les abattages de porcins sur le mois de septembre sont comparables à ceux de la moyenne quinquennale (-0,4% en téc). En revanche, comparés à septembre 2017, ils sont en repli de 3,6%. Un repli que le ministère relativise, estimant que les niveaux d'activité d'août à décembre 2017 étaient particulièrement élevés. Sur le plan commercial, le ministère souligne l'importance des ventes de porcs vivants à destination de l'Espagne : « En août, la balance commerciale se replie légèrement pour s'établir à - 4.230 téc et - 45,3 millions d'euros. Le solde des échanges avec l'Union européenne reste quasiment stable sur un mois (- 14.200 téc) et fléchit légèrement avec les pays tiers (près de + 10.000 téc). ». En août toujours, les exportations ont chuté de 6,7% sur un an et de 6% par rapport à la moyenne quinquennale. Les ventes déclinent vers les partenaires habituels européens, de 6%, ainsi que vers les pays tiers. Dans le même temps, les importations sont quasiment stables (- 0,2%). » 

Les eurodéputés pour l'amélioration du bien-être des poulets de chair 

Les députés européens ont approuvé le 25 octobre une résolution non législative sur le bien-être animal, l'utilisation des antimicrobiens et les conséquences de l'élevage industriel de poulets de chair sur l'environnement. Les députés appellent notamment à « garantir des indicateurs relatifs au bien-être animal fiables et mesurables pour les poulets de chair et les cheptels parentaux, y compris des orientations sur les bonnes pratiques pour les couvoirs ». Ils encouragent également la définition d'une « feuille de route » destinées à « soutenir la production et l'élevage compétitifs et durables de poulets de chair qui garantissent davantage de bien-être aux poulets de chair », ainsi que la mise en place d'une législation sur l'étiquetage pour les viandes importées, mais aussi pour caractériser les systèmes d'élevage d'où provient la viande, sur le modèle des oeufs. 

Poules de réforme : un secteur en mutation 

Sur les huit premiers mois de l'année, 23 millions de poules de réforme ont été abattues, soit respectivement 1,5% et 1,1% de plus que sur les mêmes périodes de 2017 et 2016 (Agreste). Toutefois, les opérateurs font état de difficultés logistiques qui se développent. Ainsi, en juin 2018, ce sont 3,6 millions de poules qui ont été abattues, soit 1,05 million de plus qu'en juillet ; sachant qu'en 2016, le plus gros écart constaté était de 516.000 poules de moins entre avril et août. Les abattoirs doivent donc s'organiser pour gérer ces disponibilités volatiles, notamment du point de vue de la main-d'oeuvre. De plus, d'importants abattages aux premiers semestres pourraient bien signifier des disponibilités réduites cet hiver, quand la demande est plus forte avec un marché du frais plus actif. Enfin, les prix des poules se sont redressés ces dernières semaines, plutôt plus lentement que d'autres années.