actualités

Lettre d'information Agricole du 21 janvier 2019

Publié le 21 janvier 2019

Un nouveau registre pour les actifs agricoles 

Le réseau des chambres d'agriculture a annoncé la mise en service d'un registre des actifs agricoles. Prévu depuis 1988, le registre de l'agriculture dote les paysans d'un statut, à l'image du registre du commerce pour les commerçants, mais ne conditionne en rien le versement des aides publiques. En effet, sur les deux décrets qui devaient paraître, l'un sur les modalités de mise en application du registre et l'autre sur l'attribution des aides en fonction de l'inscription au registre, seul le premier a été publié. Parmi les bénéfices immédiats, l'inscription au registre constitue "une mesure de simplification pour l'agriculteur lui-même", puisque celui-ci pourra "fournir ce certificat qui apportera la preuve qu'il figure bien sur ce registre et qu'il exerce bien une activité agricole au sens du code rural". L'inscription à ce registre implique deux conditions assez basiques: l'exercice d'une activité réputée agricole à l'exception des cultures marines et des activités forestières et l'affiliation Atexa, une assurance contre les risques d'accident du travail et les maladies professionnelles. 

France : repli de la collecte laitière en novembre 

D'après la note d'Infos rapides du ministère de l'agriculture, un fort recul de la collecte laitière a été enregistré en novembre 2018 : -1,3 % par rapport à octobre 2018 et -3,7% par rapport à novembre 2017. Le printemps pluvieux dans certaines régions, suivi de la sécheresse estivale, ont en effet fortement perturbé la production laitière en 2018. Les bassins du Sud-Ouest (-9,6% par rapport à novembre 2017), Charente-Poitou (-7,5%), Sud-Est (-6,1%) et Auvergne-Limousin (-6%) sont les plus lourdement touchés par le recul de la collecte tandis que le bassin laitier Nord-Picardie est le seul à avoir connu une légère hausse (+0,4%). Ce repli vient définitivement effacer l'avance de la collecte de 2018, accumulée entre les mois de janvier et juillet, par rapport à l'année précédente. 

2018, année record pour la production de lait bio en France

Selon FranceAgriMer, près de 837 millions de litres de lait bio ont été produits dans les fermes d'élevage françaises l'an passé, soit une hausse de 30% par rapport à 2017. « Ceci engendre une augmentation des fabrications de produits laitiers bio. L'essor des achats des ménages pour leur consommation à domicile permet d'absorber la hausse de production ce qui limite le repli du prix payé aux producteurs » a ajouté l'organisme. 

À quoi pourrait ressembler la filière viande bovine à l'horizon 2040 ? 

A la demande d'Interbev, une étude prospective sur l'avenir de la filière viande bovine à l'horizon 2040 a été réalisée par FranceAgriMer. Sur les 1000 hypothèses formulées, 92 ont été jugées déterminantes pour l'avenir de la filière et ont permis d'aboutir à l'écriture de cinq scénarios. Dans un premier scénario, plutôt sombre, la filière doit s'adapter « pour faire face aux conséquences de la crise globale », climatique et énergétique. L'équilibre économique des exploitations spécialisées en viande bovine « passerait donc nécessairement par une diversification des sources de revenus : céréales, vente directe, méthanisation, etc. ». Un deuxième scénario, assez noir, envisage une crise économique et une limitation des émissions de gaz à effet de serre pour tenter de résoudre la question climatique. Dans ce scénario, la crise économique mondiale serait si importante qu'elle s'accompagnerait d'une baisse de la demande énergétique et, ainsi, une chute du prix du pétrole. La France soumettrait la taille du cheptel national à un « quota », « ce qui pousserait à améliorer la productivité par tête et à intensifier l'élevage. » Face à l'augmentation de la consommation de protéines végétales, la consommation française de viande bovine diminuerait fortement. Le troisième scénario, le plus crédible, consiste à une montée en gamme sous forte pression sanitaire et sociale. Le quatrième scénario, assez similaire au précédent, intègre également un ralentissement des échanges mondiaux lié coût de l'énergie. La filière bovine s'orienterait ainsi vers un système de production durable concentré et intensif à l'herbe. Enfin, le dernier scénario, le plus optimiste, avance une hausse de la demande en viande bovine liée à un accroissement de la population mondiale. Dans ce scénario, la filière française serait reconnue pour sa qualité et sa traçabilité exemplaire. 

Le porc bio vise 5% de la production française totale en 2022 

Alors que la production de porc bio est aujourd'hui estimée à seulement 0,7% du marché global, le plan de filière « porc », élaboré dans le cadre des Etats Généraux de l'Alimentation, a fixé un cap de « rattrapage » : atteindre 5% de la production française en bio à l'horizon 2022 (soit le seuil symbolique d'un million de porcs). Pour autant, pas question de faire n'importe quoi. Si les productions de qualité doivent répondre aux attentes des consommateurs, elles doivent également être rentables et assurer un revenu aux éleveurs. Selon les estimations de l'Itab et de l'Ifip, un million de porcs bio ont été produits en Europe en 2017. Seuls trois pays produisent plus de 130.000 têtes par an : le Danemark, la France et l'Allemagne. Les Pays-Bas tournent autour de 90.000 porcs. La Belgique, l'Autriche, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni ou l'Espagne ne produisent chacun que 10.000 à 30.000 porcs bio. Au niveau des échanges, les Pays-Bas exportent 50% de leur production, et le Danemark une part encore plus importante. A contrario, la France et l'Allemagne n'arrivent pas à produire assez pour leur consommation intérieure et sont importateurs. En France, 65% des porcs bio sont produits dans le Grand Ouest. Les 150.000 porcs bio français produits en 2018 correspondent ainsi à une hausse de 30% en un an, et à une multiplication par 4 depuis 2005. 

La France importe toujours plus de poulet 

Sur les dix premiers mois de 2018, les importations françaises de viandes et préparations de poulet ont progressé de 4% par rapport à la même période de 2017, pour s'installer à 487.887 tec, selon Agreste. Cette croissance est à rapprocher du dynamisme des achats aux états membres de l'Union européenne (+3,4%, 458.614 téc), avec à leur tête la Belgique (+8,5%, 113.169 téc) et la Pologne (+19%, 102.282 téc). La France accroît aussi ses achats auprès des pays tiers. Bien que ceux-ci demeurent limités (29.275 téc), ils n'en progressent pas moins de 14,9% sur un an. 

Volailles : sensible repli des abattages 

Selon la note du ministère de l'Agriculture, du 11 janvier, les abattages de volailles reculent de 1,4% en têtes par rapport à 2017, mais restent stables en poids (+0,7%), en novembre 2018. Si les abattages de poulets restent proches de la moyenne quinquennale, le repli observé en novembre 2018 (-3,2 en tec par rapport à 2017) est à relativiser, « compte tenu de la bonne activité d'abattage de cette filière en novembre 2017 ». En novembre, contrairement à la tendance saisonnière habituelle, les prix à la production des volailles de chair continuent d'augmenter (+2% pour la dinde et +1% pour le poulet sur un mois), restant toutefois inférieurs aux moyennes quinquennales. Au 3ème trimestre de 2018, la production totale d'oeufs de consommation calculée par modèle est en repli de 4,4% par rapport à 2017, en lien avec la diminution marquée des mises en place de poulettes depuis décembre 2017. 

Croissance erratique de la production d'oeufs en France 

Selon Bruxelles, la production d'oeufs en Europe pourrait approcher les 6,709 millions de tonnes cette année, dépassant ainsi de près de 1,6 % son niveau de 2018. Une croissance à rapprocher d'un développement des volumes en Espagne (+28.000 t), au Royaume-Uni (+27.000 t), en France (+18.000 t) et en Pologne (+8.000 t). Ces prévisions ne font toutefois pas l'unanimité dans l'Hexagone, en raison notamment d'une accélération de la transition vers plus d'élevages alternatifs à la cage. La construction de nouveaux équipements durant les prochains mois laisse en effet entrevoir une augmentation modérée de l'offre d'oeufs de poules élevées au sol (code 2), en plein air (code 1) ou en bio (code 0) durant cette période. Un développement plus rapide est toutefois probable sur la seconde partie de l'année et surtout à compter du dernier trimestre 2019 voire début 2020. À l'inverse, il faut s'attendre à une baisse régulière des tonnages d'oeufs de poules en cage (code 3), avec des périodes de creux liés à l'arrêt de bâtiments pour transformation partielle, mais qui reviendront en production quelques mois plus tard, à un niveau d'activité vraisemblablement moins important qu'avant travaux.