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Lettre d'information Agricole du 4 mars 2019

Publié le 04 mars 2019

Un agriculteur sur deux en France a plus de 55 ans 

Selon la MSA, le nombre de chefs d'exploitation agricole est tombé à 448.500 (-1%) en 2018, après 453.000 en 2017, et 462.000 en 2016. Et il y a 10 ans, la France comptabilisait encore 514.000 agriculteurs. Plusieurs causes sont pointées du doigt : la mondialisation et la rigidité des normes françaises qui rendent les agriculteurs moins compétitifs, un revenu moindre et un plus grand risque de burn-out en raison de la fatigue. Il n'en reste pas moins que la moitié des agriculteurs sera bientôt à la retraite et que le nombre de recrutements est estimé à 200.000 personnes pour les 6 prochaines années.

Etiquetage : des sénateurs veulent recadrer l'abattage rituel 

Trois sénateurs ont déposé une proposition de loi visant à imposer que la viande provenant d'animaux égorgés à vif au titre d'un abattage rituel dérogatoire soit « obligatoirement étiquetée avec l'indication de la religion au titre de laquelle la dérogation a été accordée ». Dans l'exposé des motifs, les trois parlementaires rappellent qu'il existe des dérogations à l'abattage sans étourdissement notamment l'abattage rituel. « Ces dérogations sont souvent critiquées, argumentent-ils. À juste titre, car l'égorgement à vif d'un gros bovin dure près de dix minutes avant la perte de conscience de l'animal qui se débat dans des sursauts désespérés. Une telle cruauté relève d'un autre âge ». 

Le Crédit Agricole lance une offre pour la bio

Le 28 février, le Crédit Agricole a annoncé le lancement d'une offre bancaire et assurancielle spécifique aux agriculteurs qui s'installent ou convertissent tout ou partie de leur exploitation en agriculture biologique. L'offre comprend quatre volets : des prêts permettant de financer le cycle d'exploitation et de compenser le manque à gagner de la période de conversion ou de financer des équipements et du matériel nécessaires au mode de production en agriculture biologique, des solutions d'encaissement des paiements en mobilité, sur les marchés ou pour la vente à distance, une offre d'assurance récoltes adaptée pour les cultures et les prairies en bio et enfin un prêt réservé aux actions de communication (signalétique, organisation de portes ouvertes, création de plaquettes et flyers, création et gestion d'un site internet informatif ou marchand…).

L'exportation, premier débouché du lait français 

D'après l'Institut de l'élevage (Idele), les éleveurs français ont livré 23,9 milliards de litres de lait de vache en 2017, dont 98% ont été transformés dans le pays. Dans le détail, la ventilation entre les différents produits est restée relativement stable entre 2015 et 2017 avec, en tête, le fromage (35% de la matière solide utile), suivi par le beurre (20%) et la poudre de lait (13%). L'exportation (42%) et les achats des ménages (41%) constituaient par ailleurs les principaux débouchés de la collecte laitière française en 2017. La place des produits laitiers à base de lait français varie selon ces débouchés. Elle est largement majoritaire (90% des volumes) dans les produits laitiers achetés par les ménages. Du côté de la RHD, le taux d'importation se situe entre 20 et 30% pour le lait conditionné, la crème et le beurre. Seulement 45% des produits laitiers achetés par les industries agroalimentaires sont d'origine française.

Baisse des exportations de broutards français en 2018 

Selon l'Institut de l'élevage, la configuration « manque d'offre, cours d'un bon niveau et incertitudes sur l'export vers la Turquie et l'Algérie » a marqué 2018 et devrait perdurer en 2019 si les disponibilités en animaux n'augmentent pas dans les prochains mois. Dans le détail, si la brève ouverture du marché algérien pour les broutards français a fait bondir les expéditions d'animaux de 11% fin décembre, cela n'a pas permis de rattraper les chiffres de l'année (-4% pour les exportations de broutards en 2018). D'après les douanes, les importations italiennes de broutards français – 78% du total importé – auraient été maintenues alors que les envois depuis la France, toutes destinations confondues, se sont réduits. En Espagne, le marché a été fluide au premier semestre avant d'être impacté par la crise monétaire turque qui a démarré en août. Cette destination a ainsi absorbé 15% des envois français sur 2018. Les achats depuis les pays tiers ont quant à eux progressé sur l'année de + 34% par rapport à 2017, avec 51.300 têtes et ils ont doublé pour l'Algérie. ».

Porc en Europe : L'embellie pourrait venir de l'exportation 

Malgré un manque d'entrain, le marché porcin européen a regagné en fluidité sur les premières semaines de février. En amont des filières, les échanges ont gagné en fluidité sous l'effet avant tout d'une mise à jour de l'offre. En aval en revanche, aucune embellie n'a été constatée bien qu'un frémissement des exportations ait été relayé par certains opérateurs (espagnols surtout) à l'approche de la fin du mois. L'espoir d'une reprise repose désormais sur les exportations dans la mesure où aucune amélioration n'est anticipée du côté de la consommation des ménages. Les festivités et congés en lien avec le Nouvel An chinois étant terminés, beaucoup espèrent que les importateurs chinois reviennent à l'achat, d'autant que de nombreuses provinces, cantons et régions autonomes sont touchés par la peste porcine africaine (PPA). D'autres pays d'Asie pourraient également être aux achats, comme le Vietnam qui vient de confirmer la présence de la PPA dans le nord du pays. Ces espoirs restent néanmoins conditionnés par l'absence de propagation de la PPA en Europe. 

Poulet : à l'export, la France se tourne vers l'Union 

Selon Agreste, la France a exporté 387.046 tonnes équivalent carcasse (téc) de viande et préparations de poulet en 2018, soit 2,4% qu'en 2017. Dans le détail, le Royaume-Uni a accru ses achats de 28,1% à 35.160 téc. Viennent ensuite la Belgique (34.392 téc) et l'Espagne (34.707 téc) où la France a augmenté ses envois de 85,6% et 6,2% respectivement. La filière a également enregistré de bons résultats en Allemagne, avec 30.678 téc expédiées. 

Label Rouge : renouer avec la croissance 

Les objectifs du label Rouge affichés dans le plan de filière volaille de chair sont ambitieux?: accroître la production de 15% d'ici à 2022, soit passer de 132 à 152 millions de volailles et monter, dans le même temps, la part des découpes de poulet proposées sous label Rouge de 30 % à 50 %. « Un objectif qu'il sera peut-être difficile à tenir », reconnaît Éric Cachan, président du Syndicat national des labels avicoles de France (Synalaf), le contexte entraînant plutôt un piétinement. Les mises en place ont stagné l'an dernier après leur décrochement de 2016 pour cause de grippe aviaire. En cause, en premier lieu, la baisse de la consommation de volaille entière et surtout de poulet. D'après FranceAgriMer-Kantar Worldpanel, les achats de poulet prêt à cuire (PAC) par les ménages pour leur consommation à domicile ont chuté de 8 % en cumul annuel au 30 décembre 2018 par rapport à 2017. Or, le label Rouge représente 62 % des achats de poulet PAC, selon Kantar. Les découpes de poulet, quant à elles, résistent (+0,7 % selon Kantar), mais le label Rouge n'y représente que 13 %. Pour renouer avec la croissance, Anvol a lancé en 2018, avec les autres filières viandes label Rouge, une campagne de communication qui se poursuivra jusqu'en 2020 dans le cadre d'un cofinancement européen. Sont prévues des actions en France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas et Suède pour faire connaître les volailles sous label Rouge.