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Lettre d'information Agricole du 8 avril 2019

Publié le 08 avril 2019

PAC post-2020 : Les députés optent pour l'équilibre 

Dans le cadre de la réforme de la Pac, les eurodéputés de la commission agriculture au Parlement européen ont voté deux lots de propositions visant à « améliorer la politique agricole pour mieux répondre aux attentes des agriculteurs et consommateurs après 2020 ». Lundi 1er avril, les membres de la commission agriculture ont d'abord voté un premier lot de mesures concernant « les nouvelles règles européennes pour l'organisation commune des marchés (OCM) dans le secteur des produits agricoles après 2020 » : extension du système de gestion de l'approvisionnement et de réduction de volume à tous les secteurs, mise en place d'un observatoire européen unique des marchés agricoles et élargissement du filet de sécurité du marché. Le lendemain, mardi 2 avril 2019, un second lot de mesures, intégrées au rapport de l'eurodéputée espagnole Esther Herranz García, du groupe PPE, a été voté. Ce second lot de propositions se concentrait plus spécifiquement sur les nouvelles règles liées aux paiements directs et au développement rural pour l'après-2020. Plusieurs mesures ont été adoptées : plafonnement des paiements directs à 100.000 euros pour une distribution plus équitable, égalité des paiements directs au sein des États membres d'ici 2027, le soutien des petites exploitations, des jeunes et des femmes agricultrices ou encore la prolongation des programmes écologiques pour protéger le bien-être animal. 

France : le prix du lait en légère hausse 

Selon le Cniel, le prix du lait payé aux éleveurs s'est légèrement redressé en ce début d'année par rapport à 2018, mais reste très en deçà de l'indicateur interprofessionnel fixé suite aux Etats généraux de l'alimentation à 396 euros /1.000 l. Ainsi, le prix du lait payé aux éleveurs s'est établi en janvier à 332 euros /1.000 l pour le lait conventionnel, et à 345 euros /1.000 l toutes qualités confondues (conventionnel, bio, AOP), soit respectivement 8 euros et 7 euros de plus que le prix moyen payé aux éleveurs en 2018. Le marché des produits laitiers, quant à lui, est plus équilibré. Le grand écart de valorisation entre la poudre de lait écrémé et le beurre s'est resserré. La tonne de beurre se négocie actuellement autour de 4.500 euros. La poudre de lait écrémé est pour sa part valorisée autour de 2.000 euros la tonne, soit 300 euros au-dessus du prix d'intervention. 

France : quels sont les débouchés du lait français ?"

L'Institut de l'élevage a étudié le devenir du lait collecté en France. Ses travaux montrent que contrairement à d'autres produits agricoles, le lait matière première voyage très peu. Ainsi, le lait produit en France est transformé dans l'hexagone à 98% et le lait vrac exporté chez nos voisins italiens, allemands ou belges ne représente que 2% des volumes collectés. De même, les transformateurs laitiers français importent très peu de lait vrac. 35% de la collecte française est transformé en fromages (y compris fromages frais), 20% en beurre et 13% en poudres de lait. Viennent ensuite le lait liquide conditionné (9%), la crème (8%), l'ultrafrais (7%), le lactosérum (5%) et les caséines (2%). En termes de débouchés, 41% des produits laitiers français sont destinés à la vente au détail aux ménages français, 37% à l'exportation, 16% à une utilisation par l'industrie agroalimentaire et 6% à la restauration hors domicile. Outre ces résultats, l'étude de l'Institut de l'élevage fait ressortir le déficit de la France en matière grasse laitière et son excédent en matière protéique. Les ménages consomment en effet plus de matière grasse (11,5 milliards de litres équivalent lait) que de matière protéique (10 milliards). 

PPA : le ministre demande la création d'une 3e zone blanche 

À l'occasion de sa visite sur le chantier de pose de la clôture entre la France et la Belgique, le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume a demandé la création d'une 3ème zone blanche au sein de la zone clôturée, « comme bouclier de protection en préventif ». Dans cette zone, des mesures drastiques seront prises de dépeuplement des sangliers, mais également des restrictions sur les activités forestières de loisir ou professionnelles. Le ministre a rappelé que l'État avait déjà investi plus de 6 millions d'euros dans ce programme de prévention et demandé la plus grande fermeté au préfet alors que des actes isolés de vandalisme sur la clôture ont récemment été relevés en Meurthe-et-Moselle. 

Le cheptel porcin français repart à la hausse 

Le cheptel porcin a confirmé sur l'année 2018 un retour vers la croissance, qui avait déjà débuté en 2017. Ainsi, en novembre 2018, on comptait 13,7 millions de porcins en France, en hausse pour l'ensemble des catégories d'animaux (+2,7%), à l'exception des verrats, selon la note de conjoncture du ministère de l'Agriculture. Les effectifs de truies progressent de 2,5% par rapport à 2017. La France détient le 3ème cheptel porcin en Europe, derrière l'Espagne et l'Allemagne, et le 4ème pour les truies (derrière les mêmes pays, et le Danemark, 3ème). 

Poule de réforme : bilan d'un hiver assez calme 

Difficile de comparer une année aux précédentes pour les opérateurs de poules de réforme puisqu'elles ont été marquées par des restructurations d'entreprises, la grippe aviaire, la crise du fipronil. Toutefois, l'hiver 2018-2019 aura été moins surprenant que les précédents. Si certains abattoirs ont eu des plannings peu remplis, car les réformes ont été limitées dans l'ensemble, il n'y a pas eu de course aux approvisionnements. Dans un contexte d'exportations vers l'Afrique de l'Ouest moins rémunératrices qu'autrefois, ils ont préféré moins abattre plutôt que rogner sur leurs marges déjà limitées. À l'achat, les prix des poules sont ainsi restés stables. 

Volailles : recul des abattages 

Selon la note de conjoncture Agreste du ministère de l'Agriculture, en février 2019, les abattages de volailles se replient de 4,7% en têtes sur un an (-2,4 % en téc). La baisse pour les poulets (-4,9% en têtes) est relative, compte tenu du niveau élevé de février 2018. Toutefois, au regard de la moyenne quinquennale, le repli en têtes est réel et continu depuis l'été 2018 pour les filières poulet et dinde : -4% de poulets abattus sur la période de juillet 2018 à février 2019 par rapport à la moyenne quinquennale et -9,5% de dindes sur la période d'août 2018 à février 2019. En janvier 2019, le déficit du commerce extérieur de viandes de poulet est inédit. Il s'établit à -25,7 milliers de téc et -49,5 millions d'euros. Les exportations reculent (-8,3% sur un an, soit -2.500 téc), malgré les ventes en hausse vers l'UE. En parallèle, les importations européennes augmentent (+9% sur un an, soit +4.200 téc), notamment en provenance de Pologne et de Belgique. Concernant les viandes de dinde, le recul continu des exportations vers l'Allemagne depuis 11 mois effrite l'excédent de la balance commerciale (établie à +1.100 téc et -1,4 million d'euros en janvier 2019). Enfin, les prix à la production des volailles de chair poursuivent leur hausse amorcée à l'automne 2018. En février 2019, ils enregistrent une hausse sur un an de 4,2% pour le poulet et de 3,4% pour la dinde. 

Hausse des importations d'oeufs en janvier 

Selon la récente note Agreste du service de statistiques du ministère de l'Agriculture, le déficit du commerce extérieur des oeufs de consommation s'est creusé en France en janvier 2019 : -6,7 milliers de téoc et -4 millions d'euros. Par ailleurs « le solde des échanges extérieurs de poussins, historiquement nettement excédentaire, est déficitaire depuis trois mois : les exportations vers l'Espagne sont fortement réduites tandis que les importations belges et néerlandaises sont en hausse.