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Lettre d'information Agricole du 20 mai 2019

Publié le 20 mai 2019

L'excédent agroalimentaire augmente grâce aux produits bruts 

Selon la note de conjoncture Agreste, en mars 2019, l'excédent des échanges agroalimentaires français a atteint 927 millions d’euros. Il augmente de 254 millions d’euros par rapport à mars 2018 du fait de la progression des exportations (+176 millions) conjuguée à la diminution des importations (-77 millions). Le solde des produits agricoles bruts affiche un excédent de 440 millions d’euros et augmente de 295 millions d’euros sur un an. Il bénéfice de la hausse des exportations, principalement de blé tendre mais aussi de la baisse des importations, notamment en oléoprotéagineux. Avec 487 millions d’euros, l'excédent commercial en produits transformés perd 41 millions d’euros par rapport à mars 2018 dans un contexte de repli des exportations à l'exception des vins et spiritueux et des produits transformés à base de fruits et légumes. 

Le coût mondial des importations alimentaires appelé à baisser 

Selon un rapport de la FAO, les importations alimentaires mondiales pourraient reculer de 2,5% en 2019 pour atteindre 1.472 Mds$ américains. L'apparition et la propagation rapide de la peste porcine africaine pourrait provoquer une baisse de 20% des stocks de porcs en Chine, augmenter de 26% les importations de viande porcine en Chine alors que la FAO s'attend à une hausse des importations des autres viandes dont la viande bovine et la viande de volaille. La FAO s'attend par ailleurs à une baisse de la demande pour les céréales fourragères et les oléagineux et en particulier les graines de soja. « Cette combinaison particulièrement rare d'événements devrait profiter au secteur agricole en Europe car la nourriture destinée aux porcs devrait donc coûter moins cher », selon la FAO. La crise liée à la peste porcine africaine représente une aubaine pour les éleveurs de poulets et plus particulièrement pour les principaux pays exportateurs, tels que le Brésil. 

France : la consommation de lait a chuté de 25% en 15 ans

Selon Syndilait, les Français ont absorbé 2,9 milliards de litres de lait en 2018, dont 2,3 milliards de litres achetés en grande distribution - un volume en recul de 3,3% par rapport à 2017. Cette consommation correspond à une moyenne de 45,5 litres par an et par habitant. Comparé aux 61 litres atteints il y a quinze ans, cela représente une diminution de près de 25 %. Les industriels adaptent donc leur niveau de production. Les laiteries ont conditionné près de 3,2 milliards de litres de lait, soit une baisse de 3,8% par rapport à 2017. En valeur, toutefois, le marché en grande distribution se maintient, avec une baisse limitée à 0,3% pour un total de 2,3 milliards d'euros. Cette valorisation correspond au développement de l'achat de produits bio, aromatisés ou sans lactose. Ses laits dits spécifiques représentent désormais plus du quart du marché. Quant au lait frais, il ne pèse qu'une goutte dans l'ensemble (3,3%). Les consommateurs français sont sensibles à l'origine hexagonale du lait, désormais très souvent indiquée sur l'emballage sous la mention « lait collecté et conditionné en France ». Une origine qui représente 97% des ventes. 

France : hausse de 7% du prix du lait en mars 

D'après les chiffres du ministère de l'Agriculture, le prix du lait standard conventionnel, à hauteur de 334,4 euros/1 000 litres en mars 2019, a gagné 7,1 % en l'espace d'un an. La revalorisation du prix du lait s'opère également à l'échelle européenne : + 2 % sur la même période avec un prix réel moyen payé aux producteurs européens estimé à 343,9 euros /1 000 litres pour le mois de mars. Sur un an, la grande majorité des pays membres ont vu le prix du lait augmenter avec des hausses allant jusqu'à 10 % en Italie, Slovénie et Lettonie. D'après le relevé mensuel de la Commission européenne, Chypre et Malte confortent leur place à la tête du classement avec un prix réel estimé respectivement à 579 et 467 euros /1 000 litres, suivis de l'Italie (393 euros /1 000 litres) et de la Grèce (383 euros /1 000 litres). À teneurs réelles, les producteurs français ont en moyenne perçu 345,4 euros /1 000 litres en mars dernier (lait conventionnel), valeur très proche de la moyenne continentale. Côté bio, le prix reste stable autour de 456 euros /1 000 litres en prix de base mais perd 10 euros en teneurs réelles entre mars 2018 et 2019. 

Porc : hausse des exportations européennes en vue 

Après avoir progressé en 2017, le cheptel porcin européen a reculé de 3% sur un an en 2018, avec un repli marqué en Pologne (-18%), aux Pays-Bas (-9%), en Allemagne (-4%) et en Roumanie (-9%), « en raison de prix bas, de la peste porcine africaine (PPA), et de contraintes environnementales », selon la Commission européenne. A contrario, l'Espagne a vu son cheptel croître de 2% et sa production de 5% l'an passé. Pour autant, Bruxelles anticipe une production porcine stable en 2019, « grâce à des gains de productivité et à la progression attendue des exportations. Selon le niveau de la demande chinoise en raison de l'épidémie de PPA, la production porcine européenne pourrait retrouver la croissance ». Si les envois européens de viandes et d'abats n'ont que faiblement progressé en volume en 2018 (+1% sur un an), ils pourraient croître de 9% en 2019, tirés par la Chine. 

Porcs : la distance entre les élevages et les abattoirs augmente 

Selon les données BDPORC, la production de porcs charcutiers a atteint 22,7 millions de têtes en France en 2017, soit 300 000 têtes de plus que les abattages. La distance moyenne par la route entre les abattoirs et les élevages auprès desquels ils s'approvisionnent a augmenté de 5 km depuis 2014 pour atteindre 120 km en 2017. La production de porcs charcutiers des élevages de l'Ouest a diminué de 347.000 têtes entre 2014 et 2017 dont plus de la moitié pour le seul Finistère. Cette baisse plus marquée dans ce département semble être en partie structurelle. Les sites d'élevage dont l'activité a significativement baissé sont plus nombreux que ceux dont l'activité a significativement augmenté. Les élevages de la pointe bretonne ont subi la fermeture du site d'abattage de Lampaul-Guimiliau en 2013. Ils sont plus éloignés des abattoirs que leurs homologues bretons : 126 km en moyenne en 2017 contre 60 à 80 km pour les 3 autres départements. Dans le Nord de la France, 1,9 millions de porcs charcutiers ont été produits en 2017 contre 900.000 abattus. Environ 1/3 du surplus est exporté vif vers l'étranger, le reste est abattu dans d'autres régions. Les élevages nordiques sont dans l'ensemble plus éloignés des abattoirs avec une distance moyenne de 189 km en 2017, excepté les porcs abattus à l'étranger. À l'inverse du Nord, plus de 20% des 4 millions de porcs abattus chaque année dans le Sud sont élevés dans les régions du Nord et de l'Ouest. Le déficit s'est aggravé de 159.000 têtes depuis 2014 pour atteindre 943.000 têtes en 2017. 

Poulet bio : bond des mises en place en 2018 

Selon le Synalaf, les mises en place de poulet bio ont bondi de 21% entre 2017 et 2018. Il précise que les opérateurs historiques craignent que la croissance ne soit trop rapide, même si le marché est porteur. Sur les huit premières semaines de 2019, ce sont 18% de poulets de plus qu'un an plus tôt; et 55% de poulets de plus que deux ans plus tôt qui ont été mis en place. Le poulet représente 96% de la production nationale de volailles bio, loin devant la dinde (1,4%) et la pintade (1,3%). Sur les 16 premières semaines de l'année, le prix moyen du poulet PAC bio est de 10,22 euros/kg, selon le RNM, soit une relative stabilisation par rapport à l'année précédente (+0,7%). 

Oeufs : le défi de l'équilibre entre offre et demande 

Le marché français de l'oeuf est en pleine mutation, en matière de production et de consommation. Selon le Comité national pour la promotion de l'oeuf (CNPO), la part des poules pondeuses françaises en élevages alternatifs a doublé en dix ans. L'objectif pour les professionnels : qu'une poule sur deux ne soit plus en cage d'ici à 2022. L'an dernier, ce sont déjà 42,2% des effectifs qui étaient élevés hors cage. Entre 2017 et 2018, le nombre de poules en élevage alternatif a bondi de 9%, dont +19,6% pour le bio (code 0), +18,9% pour le sol (code 2) et +6,6% pour le plein air hors label Rouge (code 1). En 2018, selon Kantar, l'oeuf d'élevage alternatif représentait 51,8% des achats des ménages, (49,1% en 2017). Le mode d'élevage est le second critère de choix, derrière l'origine France. Ce sont surtout les oeufs de poules élevées en plein air qui sont plébiscités (31,6% de parts de marché), avant le bio (17%) et loin devant la production au sol (3,2%). L'équilibre entre l'offre et la demande, voilà l'enjeu. En cette période de mutation, certains opérateurs ont des sueurs froides. Vers la fin de l'hiver et le début du printemps, un excédent d'oeufs bios non contractualisés a été observé, laissant les prix à des niveaux très bas, bien loin des coûts de production.