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Lettre d'information Agricole du 14 octobre 2019

Publié le 14 octobre 2019

Aides agricoles européennes: la France lance une concertation 

Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a lancé le 10 octobre la concertation sur l'élaboration de la déclinaison nationale de la future politique d'aides européennes à destination du monde agricole (PAC) pour la période 2021-2027. La concertation se déroulera en deux phases: jusqu'à fin 2019, l'État, les régions et les parties prenantes élaboreront un «diagnostic partagé», décrivant l'état du secteur agricole et agroalimentaire et du secteur forestier «et les besoins identifiés en matière d'accompagnement de la PAC». Ensuite, au premier semestre 2020, une deuxième phase se concentrera sur le choix des priorités d'action, la sélection des mesures et leurs modalités, les ressources financières allouées, et les niveaux d'ambition attendus en matière de résultats pour la durée de la prochaine PAC. Pour cette seconde phase, la concertation prendra la forme d’un débat public mené par la Commission nationale du débat public (CNDP) et d'autre part, de réunions de concertation régulières avec l'ensemble des parties intéressées. Le ministre a par ailleurs indiqué que lors du prochain Conseil des ministres de l'agriculture de l'UE, «la France et seize autres États membres déposeraient une déclaration en faveur du maintien du financement de la PAC à son niveau actuel». 

Europe : la croissance de la collecte laitière européenne ralentit 

En raison de la sécheresse, la croissance de la collecte laitière européenne ralentit. Elle a affiché une timide hausse (+0,2%) sur les sept premiers mois de l'année. En juillet aussi, elle restait positive (toujours +0,2%), la hausse des volumes irlandais (+10,4%), britanniques (+2,7%) et polonais (+1%) compensant les baisses allemandes (-1,2%) néerlandaises (-1,5%) et italiennes (-1,5%). Selon les premières prévisions de la Commission, les températures plus élevées que la normale et les pluies sous la moyenne cet été dans une grande partie de l'UE ont eu des effets négatifs sur les prairies, en France, en Espagne en Allemagne et en Pologne. À l'inverse, le déficit hydrique s'est résorbé outre-Manche. 

France : hausse des exportations de produits laitiers vers la Chine

Selon les données de FranceAgriMer, la France a envoyé 14.361 tonnes de lait liquide en Chine sur les sept premiers mois de 2019, c'est 30% de plus qu'un an plus tôt. Un chiffre qui reste néanmoins à mettre en perspective avec les 408.722 tonnes envoyées vers nos voisins européens. La Chine absorbe 23% des débouchés français, avec 21.328 t en sept mois (+5,7%). La plus forte progression est à chercher sur les exportations de lait écrémé en poudre, qui ont atteint 12.083 t, soit une hausse de 70%. En fromage, les Chinois n'apprécient pas encore les fromages français et seuls les fromages fondus ont retenu leur attention (1.278 t, +10,6 %). 

Production bovine européenne en berne, porc et volailles en croissance (Commission) 

La production européenne brute de boeuf (y compris vif) devrait reculer de 0,9% en 2019, indique la Commission dans son rapport trimestriel sur les perspectives à court terme, publié début octobre. Une diminution due à la décapitalisation « dans plusieurs pays producteurs clés » (France, Pays-Bas, Belgique) au scandale sur la viande avariée en Pologne et à une baisse des exports en vif. De son côté, le porc bénéficie d'une demande chinoise soutenue : les exportations européennes totales de viande de porc devraient progresser de 20% sur 2019. En l'absence de croissance de la production porcine (+0,4% en 2019), les prix augmentent, ce qui pourrait pousser les consommateurs à se reporter vers la viande de volaille. Celle-ci profite par ailleurs d'une « forte demande au niveau mondial », provoquant une hausse de la production (+2,5% sur l'année) et des exportations (+4,5%). Les importations augmentent encore plus (+6%), notamment en provenance du Brésil et de Thaïlande. De son côté, la viande ovine progresse de 1% en 2019 grâce à de « meilleures conditions fourragères » qu'en 2018 et à une hausse des abattages britanniques, sur fond d'anticipation du Brexit. 

Viande porcine : la demande chinoise anime le marché 

Selon le ministère de l'Agriculture, en cumul, sur les huit premiers mois de 2019, l'activité d'abattage reste supérieure en volume de 0,8% sur un an. Elle dépasse de 1,1% sa moyenne quinquennale de 2014 à 2018. En juillet 2019, le creux saisonnier de la production porcine est moins marqué qu'en juillet 2018, +1,8% en poids, ainsi qu'en comparaison de la moyenne quinquennale, +2,2%. » Du côté du commerce, les exportations de viande porcine sont reparties à la hausse en juillet, s'établissant 12% au-dessus de juillet 2018 (+5.300 tec). Celles vers l'Union européenne ont progressé de 2,6%, notamment vers les Pays-Bas, l'Allemagne, le Royaume-Uni. Celles vers les pays tiers se sont envolées de 41%. En revanche, si en février 2019, les importations françaises ont chuté, les pays européens privilégiant le marché asiatique, elles se sont redressées en juillet : de 2,8%, soit +1.400 tec. 

Des abattages stables sur la zone Uniporc 

En 2018, Uniporc a contrôlé l'abattage de 19,42 millions de porcs, un chiffre en hausse de 2,9% grâce à l'arrivée de Fipso. Pascal Le Duot, directeur de la structure, précise qu' « à périmètre constant, la progression n'est que de 0,1%. », et « depuis 2013, les chiffres d'abattage sont stables sur le périmètre Uniporc ». Les hausses enregistrées en 2018 en Bretagne (+0,98%) et Pays de la Loire (+1,66%) compensent la forte baisse des abattages normands (-32%) liée à la fermeture d'AIM, sur des volumes moindres cependant. D'un point de vue technique, le fait marquant de 2018 est la stabilité des moyennes TMP (mâles entiers, castrée et femelle) par rapport à 2017. Les chiffres des quatre premiers mois de 2019 semblent cependant indiquer une évolution à nouveau positive du TMP moyen pour la grille MPB/Uniporc et celle du Sud-Ouest, alors que le TMP de la grille CAA reste en retrait. 

Volailles de chair : les abattages progressent 

En France, les abattages de volailles de chair progressent en poids de 3% sur un an en août 2019, tirés par le dynamisme de la filière du poulet. Et ce, « malgré le recul des abattages de canards, de pintades et de dindes, précise l'Agreste. Cette hausse [des abattages totaux] sur un an reste relative, compte tenu du creux saisonnier particulièrement marqué pour la dinde en août 2018 ». En cumul de janvier à août 2019, les abattages de volailles reculent néanmoins de 2,5% en 2019 par rapport à la même période en 2018, en lien avec le repli des abattages des poulets (-1,5%), dindes (-6%), canards à rôtir (-1%) et pintades (-7%). En juillet 2019, les exportations de viande de poulet reculent de 2,8% sur un an (-1.200 tec, tonnes-équivalent carcasse, vers l'UE et +350 tec vers les pays tiers). Dans le même temps, les importations, majoritairement européennes, reculent de 1,4%. Après une progression régulière depuis la fin de 2016, les achats auprès de la Pologne tendent à se replier depuis le printemps 2019. Depuis novembre 2018, le pays « accroît sensiblement ses exportations de viande de volaille vers la Chine, souligne l'Agreste. Le contexte de pénurie de viande de porc liée à la peste porcine africaine pourrait augmenter les flux de viandes de volaille vers la Chine, en quête de produits protéinés. » Au global, en juillet 2019, « le solde extérieur des viandes de poulet équivaut à celui de juillet 2018, en légère baisse par rapport aux mois précédents : -19.100 tec et -46,1 millions d'euros ». 

La production des oeufs bio bat son plein en France 

L'oeuf s'inscrit pleinement dans les attentes sociétales des consommateurs Français. De manière générale, les oeufs alternatifs représentent 56% des ventes au 1er semestre 2019 (versus 52% en 2018) et la part des élevages a plus que doublé en 10 ans passant de 19% en 2008 à 42% en 2018. Sur le bio précisément, le nombre de poules pondeuses a augmenté de 21% par rapport au 1er semestre 2018. Et à ce jour, près d'un tiers des ménages sont acheteurs d'oeufs bio (+11,7% versus 2018), soit 434 millions d'unités. Au niveau des achats, les oeufs de poules en cage représentent encore 44% des ventes, suivis du plein air à 32% (Label Rouge et plein air), du bio à 19% et du sol à 5%. Les achats sont très dynamiques sur le sol et le plein air. En 2016, la filière des oeufs s'est lancée comme objectif de dépasser une poule sur deux en élevages alternatifs d'ici 2022. À ce jour, il s'agit de quatre poules sur 10 qui sont déjà dans ce mode. Ainsi, le CNPO a annoncé que le plan sera atteint en 2021.