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Lettre d'information Agricole du 18 novembre 2019

Publié le 18 novembre 2019

Les installations repartent à la baisse en 2018, plombées par les installés tardifs 

Selon la MSA, en 2018, 13.925 chefs d'exploitation se sont installés. Après un sursaut en 2017 (+1,2%), le nombre d'installations d'exploitations agricoles est donc reparti à la baisse : -2,8% en 2018. Ce recul traduit principalement la baisse du nombre d'installés tardifs. Les installations tardives ne résultant pas d'un transfert entre époux ont ainsi diminué de 5,3% par rapport à 2017. Ils représentent 3.473 personnes soit 24,9% des installations contre 25,6% en 2017. Les transferts entre époux reculent de 21,8%. Ils représentent 873 personnes soit 6,3% des installations. À l'inverse, les installations de jeunes agriculteurs (moins de 40 ans) sont en très légère hausse (+0,5%). Ils étaient 9.579 à s'installer en 2018 soit 68,6% des nouveaux installés. Au total, le taux de renouvellement des exploitants agricoles (ratio entre le nombre de nouveaux installés et les chefs d'exploitations déjà en exercice) atteint 3,1%. Un ratio identique à 2017. 

Le bio occupe près d'un hectare sur dix en France 

Malgré la persistance de certaines difficultés financières et techniques, la culture du bio continue de se développer en France. Près d'un hectare sur dix est aujourd'hui travaillé de cette façon, soit 2,5 millions d'hectares, ce qui place la France au troisième rang en Europe après l'Espagne et l'Italie. Malgré des situations très diverses selon les filières, le taux de conversion des exploitations reste très dynamique, affichant un rythme de 10 à 15 % par an. Le versement des aides à la conversion se fait également avec moins de retard (<1an). Malgré la progression de l'agriculture bio en France, la production nationale ne parvient toutefois pas à couvrir la demande, ce qui implique qu'il faut importer 31% des besoins (18% hors fruits exotiques).

France : la collecte laitière repart

D'après des données de FranceAgriMer, la collecte française de lait de vache a augmenté de 2,6% sur un an durant la semaine du 28 octobre. Hormis les Hauts-de-France (-1,1%), les principales régions de production sont orientées en hausse : Bretagne (+2,3%), Pays de la Loire (+4,8%), Normandie (+1,1%), Auvergne-Rhône-Alpes (+5%), Grand Est (+1,2%). La collecte, qui avait diminué (-0,3% sur un an) durant la première semaine d'octobre, au lendemain de l'accident de l'usine rouennaise Lubrizol, s'est ensuite progressivement remise : +0,7%, + 1,9%, +1,8% respectivement les trois semaines suivantes. 

Produits laitiers : 2020, une année plus normale 

D'après les estimations de la Commission européenne, la croissance de la collecte laitière européenne n'atteindrait que 0,5% cette année en raison des périodes de canicules et de précipitations insuffisantes. Le cheptel laitier continue en outre de diminuer (-0,7 % en 2019). À l'heure du bilan européen de 2019, c'est le record à l'exportation en poudre de lait qui marque. Les exportations de poudre de lait pourraient en effet atteindre 952.000 t (+16 % par rapport à 2018), notamment grâce au bon des envois vers la Chine (+24 %). En 2020, malgré l'épuisement des stocks d'intervention, les fabrications pourraient continuer de progresser (+4,6% après +3% en 2019). Faute de demande sur le marché intérieur, la production de lait liquide européenne a pour sa part reculé de 1% cette année par rapport à une année 2018 où elle était déjà en baisse de 1,9 %. À l'instar de ce qu'il se passe en France, le rayon lait se segmente davantage dans toute l'UE. En beurre, l'année 2019 est celle du retour à la normale des prix, ce qui a permis à l'Union européenne de reposer un pied sur le marché international avec des exportations en hausse estimée de 10 %. A noter que la meilleure teneur en matière grasse du lait devrait aussi profiter aux fabrications de crème. 

Un système de traçabilité pour garantir l'origine française des viandes bovines et porcines en Chine 

L'interprofession de l'élevage et de la viande (Interbev) et l'interprofession nationale porcine (Inaporc) se sont accordées avec les autorités chinoises (CAIQ - Chinese Academy of Inspection and Quarantine) pour mettre en oeuvre un système de traçabilité « unique » permettant de garantir aux consommateurs chinois l'origine des viandes bovines et porcines françaises. Ce système prévoit la réalisation de contrôles en France et en Chine sur l'ensemble des parties prenantes des démarches GOFVB (garantie de l'origine française des viandes bovines) et GOFVP (garantie de l'origine française des viandes porcines) : abattoirs, ateliers de découpe, transformateurs, grossistes, points de vente… Les critères contrôlés sont identiques aux exigences des cahiers des charges VBF et VPF, et un logo sera intégré sur une étiquette dite inviolable. 

Moins de débouchés pour les petits veaux laitiers 

Le marché des petits veaux a connu une année morose. En moyenne sur les dix premiers mois de l'année, les prix des petits veaux mâles laitiers de 45-50 kg étaient inférieurs de 25 % à leur niveau de la même période de 2018, d'après les cotations de FranceAgriMer. L'habituel redressement des cours au printemps n'a pas eu lieu, et la période de prix élevés qui court habituellement d'avril à fin juillet s'est résumée à un pic de courte durée fin juin. Si le marché est si lourd, c'est surtout faute de débouchés. Selon l'Idele, environ 60 % des veaux mâles nés de mères laitières sont valorisés dans la filière veau de boucherie, qui a connu une crise historique cette année. Les exportations demeurent toutefois toniques?: 141.700 veaux ont quitté le territoire sur les 8 premiers mois de 2019, c'est 7 % de plus que l'an dernier et 37 % de plus qu'en 2017. Ces animaux partent à 90 % vers l'Espagne, où les engraisseurs les élèvent pour produire de jeunes bovins laitiers qui seront à leur tour exportés. Mais ce marché « se développe surtout grâce aux prix bas », explique l'Idele, qui juge que les cotations devraient rester dégradées au moins jusqu'en janvier. L'avenir de la filière reste particulièrement conditionné par la stratégie de la filière veau de boucherie. 

Volailles : seuls les abattages de poulets progressent en septembre 

D'après la note d'Infos rapides du ministère de l'Agriculture, les abattages de poulets reviennent à un rythme régulier et plus soutenu depuis le début de l'année (+3,3% en cumul de janvier à septembre par rapport à la moyenne sur cinq ans). Les abattages de volailles sont, quant à eux, stables sur un an. Concernant les abattages de dindes, ils étaient en baisse depuis le début de l'année en comparaison à 2018 et se sont stabilisés en septembre, sur un an. En cumul annuel, les abattages de volailles restent inférieurs de 2,3% en tonnes-équivalent carcasse (tec), en 2019 par rapport à la même période 2018. Les mises en place de poulets de chair, dindes et canards sont en repli, respectivement de -2%, -5,2% et -8,6% sur un an, en août 2019. Liée à la régularité des abattages de poulets, la production de volailles de chair augmente de 1,8%, sur un an, soit 142 milliers de téc. Au sujet des échanges, « les exportations de viandes de poulet reculent de 11% sur un an », malgré la reprise des ventes vers l'Arabie Saoudite depuis juillet (+20% sur un an). Les importations sont également revues à la baisse cette année (-3,3% par rapport à 2018), « sous l'effet d'une baisse importante en provenance du Royaume-Uni », indique Agreste. 

Recommandations de l'Efsa sur le bien-être des volailles à l'abattoir 

L'Efsa vient de publier deux avis relatifs au bien-être des volailles à l'abattoir. Ces deux avis couvrent l'intégralité du processus d'abattage, depuis l'arrivée et le déchargement des volatiles jusqu'à l'étourdissement, la mise à mort et la saignée. Après l'identification d'un certain nombre de problèmes affectant le bien-être des volailles (douleur, soif, faim, limitation des mouvements…), l'agence propose des mesures préventives et correctives, à appliquer dans la mesure du possible. En général, les problèmes observés sont liés à certaines carences en matière de personnel, par exemple un manque de formation ou un manque de personnel qualifié.