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Lettre d'information Agricole du 16 décembre 2019

Publié le 16 décembre 2019

Bretagne : des agriculteurs demandent un soutien ferme de l'Etat à la transition en agriculture 

Environ 200 agriculteurs se sont rassemblés le jeudi 12 décembre à Rennes pour demander à l'Etat de garantir financièrement la transition agro-écologique en Bretagne. Les signataires des MAEC (Mesures agro-environnementales et climatiques) 2015-2019 ne savent en effet pas s'ils pourront reconduire leur contrat en 2020. Jean-Marc Thomas, porte-parole régional de la Confédération Paysanne (CP) indique pourtant que ces contrats «répondent pleinement à l'urgence climatique et à la préservation de la biodiversité». S'ils ne sont pas reconduits, cela représentera en moyenne une perte annuelle de 10.000 euros par exploitation. 

Bretagne : un appel à projets pour l'agriculture 

La Région Bretagne publie son 5ème appel à projets ouvert aux groupes d'exploitants expérimentant des systèmes de production susceptibles de participer à l'agriculture de demain grâce, notamment, à la limitation des intrants chimiques tout en concevant des systèmes de production "compétitifs, durables et vivables". 

Lait : une collecte en hausse en octobre

La collecte laitière française a progressé de 1,4 % entre octobre 2018 et octobre 2019, selon FranceAgriMer. Une reprise qui ne compense pas le retard observé en début d'année : en cumul sur les dix premiers mois de 2019, les volumes sont inférieurs de 0,5 % à ceux de 2018. Le dynamisme restait de mise en novembre, avec des volumes affichant des hausses hebdomadaires de +1,8 % à +1,3 %. Depuis le début de l'année, la hausse est entièrement imputable à l'Ouest de la France (Grand Ouest +0,8 %, Nord Picardie +0,4 % et Normandie +2,3 %), les autres bassins affichant des replis. En lait bio, la collecte poursuit son envol, avec des 812 millions de litres en 10 mois, soit 15,6 % de plus que l'an dernier, même période. Tous les bassins progressent, notamment le Sud Est (+22,4 %) et la Normandie (+20,8 %). Le Grand Ouest reste, de loin le premier bassin de production (324 millions de litres, +18,5 %). 

Europe : Bruxelles valide les indicateurs laitiers 

« Victoire, Bruxelles valide le tableau de bord des indicateurs du Cniel. Pour les négos commerciales, la prise en compte du « prix de revient » voulue par la loi Egalim et inscrite au plan de filière doit être une réalité pour 2020 », s'est félicité la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL). Si la méthodologie de calcul des indicateurs de prix de revient et des indices de marché est déjà connue, une réunion est prévue le 16 décembre au Centre national interprofessionnel de l'économie laitière (Cniel) pour valider les indicateurs à partir des données 2018. Ils seront ensuite publiés et devraient servir de référence pour les négociations commerciales 2020. 

Les 11 filières viandes AOP se constituent en fédération 

Les 11 filières viande AOP viennent de créer la «Fédération des AOP Viandes de France» afin de «se faire davantage connaître» et de défendre leurs intérêts. Cette fédération est un moyen pour ces AOP de se démarquer des associations ou organisations déjà existantes de la filière viande, souvent pilotées par de grosses structures. Elle regroupe 700 producteurs répartis sur une trentaine de départements pour un chiffre d'affaires total de « 25 à 30 millions par an » en commercialisation. Le siège de la nouvelle fédération est situé en Haute-Loire, à Chaudeyrolles, siège également de la 11e AOP adhérente, le Fin gras du Mézenc (boeuf). 

Les éleveurs américains pourront exporter plus de boeuf en Europe 

Après l'aval du Parlement européen et le tampon définitif du Conseil, l'accord entre l'Union européenne et les États-Unis entrera en vigueur au premier janvier. Lorsqu'il avait été validé en juin, Donald Trump s'était félicité «d'une victoire immense». Et pour cause : les producteurs américains vont pouvoir bénéficier d'un quota garanti d'importations en Europe sans droit de douane de 35.000 tonnes de viande bovine de «haute qualité», c'est-à-dire sans hormones. C'est deux fois plus que ce qu'ils exportent actuellement. Bruxelles se défend d'ouvrir grand les frontières. «Malgré l'accord de 2009, les importations de boeuf sont restées stables depuis quinze ans. Elles représentent 3 % de notre consommation. Cela a juste permis aux exportateurs d'améliorer leurs marges», note un expert européen. Au-delà des distorsions de concurrence, les producteurs français s'inquiètent également des risques sanitaires. 

Porc : la production mondiale prévue à la baisse 

L'USDA estime que la production porcine mondiale va baisser de 6% en 2019 par rapport à 2018. En 2020, ce repli s'accentuerait de 10% en un an. En ricochet, la consommation de porc dans le monde devrait aussi reculer de 10%. Pour l'instant, l'USDA prévoit un repli annuel de la production chinoise de 14% en 2019 et de 25% en 2020. L'Union européenne devrait aussi voir sa production à la baisse de 1,2% et un recul de 0,8% de sa consommation. En 2020, la production pourrait se stabiliser. En revanche, les États-Unis, le Brésil et la Russie devraient voir leur production croître en 2019 et probablement en 2020. 

Application de l'arrêté biosécurité : inquiétudes des éleveurs en plein air 

Les éleveurs de porcs en plein air s'inquiètent des mesures de biosécurité qui vont devoir être obligatoirement mises en place à partir de janvier 2020, puis de 2021, pour prévenir la PPA. Mais les exigences réglementaires sont, selon eux, inadaptées aux spécificités de leurs exploitations. Pour en faire la démonstration, la Confédération Paysanne a organisé plusieurs opérations ferme ouverte, en Ardèche, dans l'Hérault et dans le Tarn. Majoritairement de petite taille, les élevages de porc en plein air sont souvent situés sur des parcelles en pente, en sous-bois ou difficiles d'accès. C'est pourquoi l'obligation d'installer des clôtures de 1,30 m de haut et électrifiées des deux côtés se révèle très contraignante, souvent même impossible. Elle est également très coûteuse. Les éleveurs concernés ont donc voulu dénoncer ces contraintes qu'ils jugent inadaptées à leurs élevages. Ils contestent des mesures fondées exclusivement sur les caractéristiques de l'élevage conventionnel et réclament le droit à des adaptations, notamment le recours à des clôtures mobiles.