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Lettre d'information Agricole du 10 février 2020

Publié le 10 février 2020

Brexit : la grande dépendance alimentaire du Royaume-Uni à l'égard de l'UE 

Alors que le Royaume-Uni est sorti de l'Union européenne depuis le 31 janvier, Londres et Bruxelles vont devoir s'accorder sur leurs futures relations d'ici la fin de l'année. Pour 2020, les échanges continueront sur les bases historiques. Le Royaume-Uni importe pour 4,5 milliards d'euros de produits français et son approvisionnement dépend à 30% de l'Union européenne. De son côté. La France a exporté pour 4,4 milliards d'euros de produits agroalimentaires sur 11 mois en 2019 vers le Royaume-Uni. Les vins et les spiritueux figurent en première place, suivis par les produits laitiers. Le porc, les céréales et les pommes de terre. La France a, quant à elle, importé pour 1,9 milliard d'euros de produits alimentaires du Royaume-Uni. La balance commerciale entre les deux pays est très déséquilibrée au profit de la France. Avec le Brexit, ce formidable atout peut devenir un handicap, notamment si la livre sterling venait à être dévaluée. Les industriels comptent sur le pragmatisme britannique et espèrent un accord similaire à celui qui lie la Norvège à l'Union européenne. 

Renouveler les générations d'agriculteurs, un défi pour nourrir l'Europe 

Le nombre très bas de jeunes agriculteurs, âgés de moins de 35 ans, constitue un défi pour la transition agricole et la sécurité alimentaire. Si le nombre des agriculteurs de moins de 35 ans s'élève en moyenne à 5% au niveau européen, il atteint 8,5% en France, en partie grâce à la politique volontariste d'installation des jeunes. En Europe, les trois pays qui « remplacent » le mieux les départs d'agriculteurs à la retraite sont l'Autriche, la Pologne et la Slovaquie. La France, avec deux départs sur trois remplacés, se situe en quatrième position, selon le ministère français de l'Agriculture. L'installation de jeunes dans le milieu agricole est souvent freinée par différents facteurs : revenu insuffisant, manque d'accès au foncier, difficultés au niveau du financement… L'accompagnement à l'installation doit être repensé. Les processus européens étant tellement compliqués et exigeants, certains agriculteurs préfèrent parfois se passer des aides. Une amélioration du système de transmission des exploitations s'avère aussi nécessaire. 

L'objectif de convertir 15 % de la surface agricole utile au bio d'ici à 2022 « est hors d'atteinte »

« Le projet » Ambition bio 2022, déployé dans la foulée des Etats généraux de l'alimentation, serait « hors d'atteinte » selon un rapport présenté par plusieurs sénateurs. Ces derniers fustigent « une ambition très com », l'Etat ayant, selon eux, « adopté des objectifs de développement de l'agriculture biologique alors même qu'il ne dispose plus des moyens autonomes de les atteindre et n'a exercé que faiblement ses missions de coordination ». Souhaitant plus de clarté sur l'établissement des chiffres matérialisant la part de surface agricole française convertie au bio, les sénateurs estiment en outre que l'objectif de 15 % de surface agricole bio ne pourrait être atteint, au mieux, qu'en 2026. Des précisions sont en outre demandées quant à l'information budgétaire du programme. Entre le flou lié à l'éparpillement des financeurs, les demandes d'aides qui dépassent régulièrement leur quota et les aides qui tardent à être versées, les sénateurs appellent à un document de politique transversal assurant une lisibilité. Les sénateurs préconisent également de veiller à une meilleure harmonisation du règlement européen et souhaitent également une accentuation du contrôle des importations, qui représentent près de 30 % de la consommation française. Enfin un renforcement des moyens et de la gouvernance des organismes chargés du bio, comme l'Institut national de l'origine et de la qualité, l'Agence bio et l'Institut technique de l'agriculture biologique (Itab) est conseillé. 

Monde : les produits laitiers connaissent un début d'année positif 

« La nouvelle année débute dans un contexte plutôt haussier sur le marché des produits laitiers », souligne Benoît Rouyer, directeur de l'économie et des territoires au Cniel. La vitalité de la demande mondiale associée à une collecte peu dynamique dans les principaux bassins exportateurs devrait soutenir cette tendance sur les prochains mois. Si la cotation européenne de la poudre maigre poursuit son ascension, désormais au-delà des 2 600 euros la tonne, celle du beurre s'est enfin stabilisée. Après plus d'un an et demi de baisse continue, le mois d'octobre 2019 a marqué un coup d'arrêt à cette chute. « Le prix du beurre tourne autour de 3 700 euros la tonne depuis trois mois », note Benoît Rouyer. En parallèle, le prix du beurre au consommateur a augmenté de 30 % sur les trois dernières années. « La collecte laitière française se redresse depuis le mois d'août et la tendance se poursuit sur le début de 2020 », précise Benoît Rouyer. La collecte cumulée sur 2019 s'aligne finalement sur celle de 2018. Même observation sur le prix du lait standard conventionnel. À hauteur de 334 euros /1 000 litres en novembre 2019, il reste stable sur un an. 

Moins de vaches à l'abattoir en 2019 

D'après le ministère de l'Agriculture, les abattages de bovins de boucherie ont reculé de 2,6 % en têtes et en poids en 2019 par rapport à 2018. Dans le détail, les abattages ont reculé de 5,4 % en têtes et 5,2 % en tonnage pour les gros bovins mâles, 1,2 % en têtes et en tonnage pour les vaches allaitantes, 3,4 % en têtes et 2,8 % en tonnage pour les vaches laitières, 1,4 % en têtes et en tonnage pour les génisses. Selon Agreste, le service de la statistique du ministère de l'Agriculture, les abattages ont affiché une baisse de 3,6 % en têtes et 3,2 % en poids en décembre 2019. Concernant le maigre, « sur l'année, les ventes de broutards toutes catégories confondues ont dépassé de 4,8 % le niveau de 2018 », indique le ministère. L'offre étant limitée, « la demande soutenue en broutards, notamment à l'exportation, continue à peser sur les cours ». 

23,5 millions de porcs abattus en 2019 

Selon Agreste. Les abattages de porcins sont soutenus en 2019, à 2,2 millions de tec, en hausse de 0,9% par rapport à 2018. Le poids moyen des carcasses s'établit à 93,2 kg, soit 0,5 kg de plus qu'en 2018 et 1 kg de plus que la moyenne sur cinq ans. Un peu plus de 23,5 millions de porcs sont passés sur les chaînes d'abattage françaises. Cette stabilité était déjà de mise en 2018 : +0,2% en têtes par rapport à 2017 et +0,4% en tonnage. L'activité, soutenue de septembre à novembre par le dynamisme des exportations, a ralenti en décembre, mois de période festive. Sur le plan commercial, la demande chinoise a continué de soutenir les exportations de viande porcine en novembre qui augmentent de 9,6% en volume sur un an, soit 4.700 tec. Si cette hausse est essentiellement tirée par la Chine (+162%, soit +8.100 tec, hors abats), les ventes vers les Philippines, le Japon et l'Italie ralentissent. En valeur, les exportations bondissent de 43%. Pour ce même mois de novembre, les importations de viande porcine se sont fortement contractées : -3,6%, soit -6.900 tec, notamment en provenance de l'Espagne (-3.900 tec) et de l'Italie (-1.400 tec). Bilan, l'excédent commercial français augmente en volume, atteignant +9.600 tec (+19.300 tec vers les pays tiers). En valeur, le déficit continue de baisser à -8,1 millions d'euros. Vers les pays tiers, le solde est fortement excédentaire (+48,8 millions d'euros). 

Porc : ferme en Europe 

Après avoir progressé à la suite de la baisse d'activité de fin d'année, le poids moyen du porc recule désormais dans la plupart des pays européens. Le Danemark se démarque des autres pays avec un prix qui n'a jamais baissé en janvier. Selon le marché du porc breton, la cotation se place 68,5% au-dessus de son niveau de 2019. La référence allemande a repris 3 centimes la semaine dernière mais s'est stabilisée mercredi. L'offre se rétablit et la demande s'accélère. Le prix est aussi à la stabilité sur le marché de la viande de porc aussi bien en Allemagne qu'en Espagne. En Autriche, le marché de la viande se plaint d'une forte concurrence intracommunautaire. En Espagne, les ventes à l'export se maintiennent mais sans embellie. 

Les poulets et dindes s'alourdissent nettement 

D'après la note de conjoncture Agreste Aviculture de février, les volumes d'abattages des volailles se sont affichés en hausse de 0,5 % par rapport à ceux de la moyenne sur cinq ans. L'alourdissement des carcasses des poulets (+6 %) et des dindes (+4 %) expliquent en partie cette évolution en 2019. 53 % des exportations de viandes de poulet ont par ailleurs ciblé le marché intra-communautaire en 2019. La demande pour des souches plus lourdes y est plus importante que pour le grand export.